Les insectes

La liste des insectes suceurs-piqueurs qui font des dégâts dans les cultures est longue : pucerons, cochenilles, aleurodes, psylles, cicadelles, tigres du platane, punaises phytophages… Beaucoup habitent au jardin et peuvent pulluler s’ils ne sont pas surveillés. Mais ils constituent un garde-manger important pour bon nombre des auxiliaires du jardinier.

Larves de la punaise du chou Eurydema ventralis sur une capucine. © G.Carcassès

Biologie

Les insectes suceurs-piqueurs se rassemblent généralement en colonie sur la plante qu’ils consomment. Le nombre de générations annuelles varie entre les différentes espèces. Pourtant une constante demeure, leurs piqures sont associées à la production de miellat.

L’observation du ravageur au revers des feuilles ou sur les tiges permet de le caractériser.

Le plus connu d’entre eux est le puceron. Ce petit insecte consomme la sève des jeunes pousses de nombreuses plantes du jardin. Lorsque les conditions sont favorables, il se reproduit très vite. C’est lors de ses piqures que le puceron peut transmettre des maladies aux plantes.

Les psylles ressemblent grandement aux pucerons par leur petite taille. Cependant, en y regardant de plus près, elles ressemblent à des cigales miniatures. Certaines causent des dépérissements de feuilles et de branches : sur albizia, éléagnus ou arbre de judée par exemple.

Le cycle de vie des cicadelles permet trois générations par an lorsque les conditions climatiques sont clémentes. Outre la production de miellat et la décoloration due aux piqures sur les feuilles et les fruits, ces petits insectes sauteurs causent la très large majorité (80%) des maladies virales transmises par les arthropodes aux plantes.

D’autres insectes piqueurs-suceurs sont adeptes du camouflage, ce sont les cochenilles. Elles se repèrent souvent au miellat qu’elles produisent. Cachées sous une carapace laineuse ou coriace elles consomment la sève des plantes. Par mimétisme, la larve de la coccinelle de Montrousier, utilisée en Protection Biologique Intégrée, ressemble comme deux gouttes d’eau à une cochenille farineuse, mieux vaut la reconnaître pour ne pas l’éradiquer.

Enfin les aleurodes sont appelées communément mouches blanches. Elles s’envolent au moindre mouvement de leur plante hôte ce qui permet de les reconnaître. Leurs larves sont ovales et aplaties au revers des feuilles. Elles ne se déplacent pas et consomme la sève de la plante hôte produisant de ce fait du miellat.

Les punaises sont souvent plus grosses que les autres hémiptères ci-dessus.

Le tigre du platane par exemple, est une petite punaise qui se reconnait facilement au motif de ses ailes. Il décolore les feuilles mais surtout produit énormément de miellat, ce qui peut endommager le mobilier urbain et les voitures présentes en-dessous.

Qui a laissé cette marque ?

Il n’existe pas que les insectes piqueurs-suceurs ! Les insectes laissent différentes marques sur le végétal. C’est la forme de leur pièces buccales qui va déterminer les dégâts qu’ils vont faire.

Fonction « broyeur » : Elles permettent de découper et broyer les feuilles. C’est le type de base, il se retrouve chez bon nombre d’insectes avec quelques légères modifications (Coléoptères, Orthoptères, Névroptères, etc).

Fonction « lécheur » : Ce type de pièces buccales ne perce pas les plantes, les insectes qui les portent ne font en général pas de dégâts aux cultures, elles permettent de boire directement un contenu liquide tel que du nectar. Ce type intermédiaire conserve parfois des mandibules réduites. La trompe des papillons ainsi que celle des mouches font parties de ce groupe, tout comme celle des abeilles.

Fonction « piqueur » : Il peut percer l’épiderme des plantes et causer des dégâts en consommant la sève des plantes car il permet la perforation, l’aspiration ou l’injection. Ce type est le plus éloigné du modèle broyeur. Il est visible chez les insectes piqueurs comme le moustique ainsi que chez les hémiptères (pucerons, cochenilles, aleurodes…).

Echelle de gravité

Tous ces insectes causent des dégâts directement liés à la taille de la colonie. Un petit nombre d’entre eux sont tout à fait tolérables sans perte de rendement sur une culture.

Par contre, lors des piqures, certains peuvent transmettre des virus.

Eléments généraux de protection

Méthodes culturales

  • Maîtrisez les apports d’engrais pour ne pas affaiblir la plante et attirer de nouvelles colonies.
  • Favorisez les auxiliaires en laissant une partie de votre jardin en prairie et cultivez des plantes à fleurs variées.
  • Utilisez des plantes attractives (centaurées, …) en périphérie du jardin pour canalisez les premiers vols et sédentariser les auxiliaires.

Biocontrôle

Vous trouverez également des auxiliaires pouvant vous aider à maitriser les populations d’insectes piqueurs-suceurs chez votre revendeur ou sur internet

Certaines préparations à base de plantes telles que la l’infusion de lavande ou de menthe auraient une action de renforcement de la plante éloignant les ravageurs. L’efficacité de ces préparations n’est cependant pas démontrée scientifiquement à ce jour.

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