Les « mauvaises herbes » ou plantes indésirables

On a eu tendance à appeler « mauvaise herbe » toute plante dès lors qu’elle pousse spontanément là où elle n’est pas attendue. Pourtant, ce caractère involontaire ne transforme pas automatiquement une plante en mauvaise herbe et ne nécessite pas toujours sa destruction. C’est pourquoi nous préférons parler de plantes indésirables, surtout lorsqu’elles s’installent dans les planches de culture et concurrencent les plantations.

Les herbes spontanées qui s’installent dans le jardin peuvent certes causer certaines nuisances, mais de nombreuses plantes peuvent aussi cacher des qualités.

Stellaria media et courgette © G.Carcassès

Pourquoi « mauvaises » herbes ?

Les adventices sont vues comme des indésirables car elles entrent en compétition avec les plantes installées par le jardinier :

  • compétition pour l’eau
  • compétition pour les nutriments
  • compétition pour la lumière
  • compétition pour l’espace

Le niveau de nuisance est donc fonction du nombre d’adventices et des ressources disponibles ainsi que de la tolérance de l’espèce cultivée par rapport à cette concurrence.

Elles peuvent également constituer des réservoirs de ravageurs ou de maladies pouvant ensuite s’attaquer aux plantes installées. La bryone dioïque et le galinsoga peuvent par exemple être porteurs du virus de la mosaïque du concombre, la moutarde des champs et la capselle bourse-à-pasteur peuvent être porteuses du champignon causant la hernie du chou…

Galinsoga quadriradiata. © G.Carcassès

Leur caractère indésirable peut être dû à d’autres types de nuisances qui souvent rendent l’élimination de ces plantes nécessaire :

  • plantes très allergènes (ambroisie), irritantes (berce du Caucase)
  • plantes toxiques pouvant se mélanger aux récoltes (datura, morelle noire)
  • plantes invasives.

Leur nuisance peut également être esthétique au jardin d’ornement, cette notion est plus subjective.

Avantages et inconvénients des plantes indésirables au jardin

Les espèces de la flore spontanée peuvent présenter des nuisances plus ou moins graves (concurrence envers les cultures, allergies…) mais certaines d’entre elles sont dotées de qualités que le jardinier ne soupçonne pas toujours. En effet, nombre d’entre elles ont une utilité plus ou moins connue : culinaire, médicinales ou mellifère par exemple.

Les jeunes pousses de l’ortie dioïque sont comestibles.

Tolérer les plantes spontanées est également un moyen d’augmenter la diversité dans son jardin, permettant ainsi l’établissement d’équilibres écologiques qui contribuent à la régulation naturelle des ravageurs et maladies. Avant d’éliminer toute plante spontanée par réflexe, il faut se demander si les nuisances occasionnées sont acceptables ou non, si l’on peut tolérer que les plantes du potager partagent leurs ressources quand en contrepartie le jardin est plus vivant et plus sain.

La présence de ces plantes spontanées a des effets bénéfique lorsqu’elle:

  • abrite des formes de vie utiles au jardin (insectes, auxiliaires)
  • protège le sol de l’érosion par le vent, les précipitations, ainsi que du soleil (couvert végétal)
  • enrichit le sol en humus
  • aère le sol grâce à son système racinaire
  • a un intérêt esthétique

Des plantes qui renseignent sur le sol

L’observation des plantes qui poussent spontanément peut également constituer un bon moyen de mieux connaître son sol. En effet, certaines plantes sont des indicateurs fiables de carences ou d’excès en certains éléments (azote, calcium…), de pH, de compaction, etc.

Ces plantes sont appelées bio-indicatrices. Bien sûr, la présence de quelques individus d’une espèce indicatrice n’est pas forcément significative, mais la présence importante de cette espèce dans le jardin ou dans son environnement peut l’être. Il est également nécessaire de prendre en compte l’ensemble des espèces présentes car une espèce est rarement indicatrice à elle toute seule.

Pourquoi reviennent-elles toujours ?

Il est essentiel tout d’abord de comprendre que, exception faite des plantes exotiques invasives, la plupart des adventices sont des plantes indigènes naturellement présentes et ce contrairement à une partie des plantes installées au jardin. Elles sont donc souvent mieux adaptées au milieu.

Il s’agit d’autre part de plantes pionnières avec une forte capacité de colonisation du milieu et de reproduction (production de graines en grand nombre adaptées à la dispersion par le vent et les animaux ou multiplication rapide par fragmentation des organes souterrains par exemple) faisant souvent plusieurs générations dans l’année.

Les plantes parasites

Leur caractère indésirable peut être dû à d’autres types de nuisances qui souvent rendent l’élimination de ces plantes nécessaire :

  • plantes très allergènes (ambroisie), irritantes (berce du Caucase)
  • plantes toxiques pouvant se mélanger aux récoltes (datura, morelle noire)
  • plantes invasives
  • plantes parasites (gui, cuscute)
Cuscute sur fuchsia © G.Carcassès

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *