Résultats de la deuxième grande enquête sur les pratiques culturales des jardiniers·ères amateur.rice.s

Depuis 15 ans, la SNHF, à travers Jardiner Autrement, accompagne les jardinier·ère·s amateur·rice·s vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Au fil de ces années, le rapport des Français à leur jardin n’a cessé d’évoluer, sous l’effet de l’interdiction des produits phytosanitaires pour les particuliers en 2019, mais aussi d’un contexte climatique instable et de modes de vie en mutation.

Face à ces transformations, Jardiner Autrement et la SNHF se sont engagés à mettre en lumière l’évolution des pratiques culturales des jardinier·ère·s amateur·rice·s. Une première enquête avait été menée il y a quatre ans, à l’occasion de l’entrée en vigueur de la loi Labbé. La nouvelle enquête, dont les résultats sont présentés dans ce rapport, propose aujourd’hui un état des lieux actualisé des pratiques de jardinage et de la perception du changement climatique au regard des enjeux environnementaux.

Page de garde enquête 2025

Qui a répondu à notre questionnaire ?

Ce questionnaire s’adressait à toute personne disposant d’un espace de jardinage : balcon, terrasse ou jardin. Le questionnaire, disponible exclusivement en ligne a permis de récupérer 1810 réponses.

PRESENTATION DU CORPUS

Age et expérience des jardinier·ère·s

La catégorie d’âge la plus représentée dans le corpus de répondants est celle des 60-74 ans (49%).

71 % des répondants disposent de plus de dix années d’expérience en jardinage. Une corrélation significative est observée entre l’âge des jardinier·ère·s et leur expérience : plus les jardinier·ère·s sont âgés, plus leur ancienneté au jardin est élevée.

Espace de jardinage

Les jardinier·ère·s jardinent à 72% dans des jardins privés attenant à leur résidence principale, 9% dans une parcelle individuelle dans un lieu collectif et 8% sur balcon, terrasses ou cours (« jardiniers·ères hors sol »).
Les « jardiniers·ères hors sol » cultivent majoritairement sur des surfaces inférieures à 15 m² (75 %), tandis que les autres catégories de jardins se caractérisent principalement par des superficies supérieures à 250 m².

La vocation des espaces de jardinage

Les mêmes vocations principales des espaces de jardinage sont observées entre les « jardinier·ère·s hors sol » et les « jardinier·ère·s de jardins ». Ce constat rejoint les conclusions de l’étude Unep–Ifop 2025, selon laquelle 82 % des Français·es considèrent leur jardin comme essentiel à leur bien-être et 92 % comme un lieu de relaxation. Une distinction réside dans le fait que les jardiniers en milieu rural valorisent plus la biodiversité, la production alimentaire et l’accueil des animaux domestiques.

LUTTE CONTRE LES MALADIES ET LES RAVAGEURS

Des jardiniers·ères en jardin qui privilégient des techniques de « lutte indirectes » contre les maladies et les ravageurs.

Les principales pratiques culturales pour réguler les maladies et les ravageurs des jardiniers « de jardin » sont des stratégies de lutte indirecte, c’est-à-dire des approches qui n’agissent pas directement sur le bioagresseur. Il s’agit de la mise en place d’abris pour attirer les insectes auxiliaires (20 %) et de la plantation de plantes compagnes (19 %).
Ces techniques prophylactiques visent à prévenir les infestations en prévenant l’installation des ravageurs ou en favorisant la présence d’organismes bénéfiques capables de réguler naturellement les populations problématiques.
Le recours à ces pratiques traduit une volonté de la part des jardiniers·ères de tendre vers des jardins plus autonomes, capables d’assurer une forme d’auto-régulation écologique sans intervention humaine directe. Il met également en évidence des profils de jardiniers·ères disposant de connaissances approfondies sur les plantes et les insectes, ainsi qu’une sensibilité environnementale marquée.

Méthodes de lutte contre les maladies et les ravageurs des jardins
Méthodes de lutte contre les maladies et les ravageurs des jardins

Les jardiniers·ères hors-sols, plus contraints, misent davantage sur les produits de jardinerie

A la différence des « jardiniers·ères de jardin », les « jardiniers·ères hors sol » semblent utiliser des méthodes de lutte plus directes, qui ont pour objectif cible l’élimination du ravageur et/ou de la maladie.
À noter que, parmi les utilisateur·rice·s de substances ou concoctions naturelles, 52 % les achètent déjà prêtes en jardinerie. En ajoutant à cela la deuxième pratique la plus courante chez les « jardiniers·ères hors sol » — l’achat de produits bio et de biocontrôle — on constate que l’acquisition de substances en jardinerie représente une part importante des actions menées par ces jardiniers·ères.

LUTTE CONTRE LES PLANTES SPONTANNEES

Plantes spontanées : les pratiques des « jardinier·ère·s de jardins »

Le désherbage mécanique (manuel ou tonte) constitue la méthode la plus couramment utilisée (42 %) pour la gestion des plantes spontanées. Seulement 5 % des jardiniers·ères choisissent de ne mener aucune action de lutte contre ces plantes. La deuxième pratique la plus utilisée est l’occultation de la lumière (31 %). Parmi les différents types d’occultations, l’installation d’un paillage organique est majoritairement privilégié.

LES PRATIQUES D’AMENDEMENT DU SOL

Hors-sol : comment les jardinier·ère·s enrichissent leurs supports de culture ?

Les « jardiniers·ères hors sol » enrichissent majoritairement leurs supports de culture avec de la matière organique d’origine végétale (38 %), en grande partie autoproduite (63 %) grâce à des composteurs ou lombricomposteurs. L’utilisation d’engrais ou fertilisants achetés est réalisé par 31% des « jardiniers hors sol ».

LES SOURCES D’EAU

Les sources d’eau privilégiées par les jardinier·ère·s

La récupération de l’eau de pluie représente la principale source d’eau des jardinier·ère·s (47%). La réutilisation des eaux ménagères est est une pratique peu réalisée par les jardinier·ère·s, seuls 10% d’entre eux/elles indiquent utiliser cette source d’eau.
L’usage de l’eau du robinet comme principale source d’approvisionnement est dominant dans les jardins hors sol (63 %) ainsi que dans les jardins de moins de 300 m². Les jardins situés en zone urbaine utilisent moins l’eau de pluie que les autres espaces de jardinage.

LES BESOINS DES JARDINIERS·ERES

A la question : « Rencontrez-vous des difficultés pour obtenir des réponses à vos questions concernant votre espace de jardinage ? », 81 % des jardiniers·ères ont répondu « NON ».
Cependant il est tout de même possible d’identifier que les pratiques les moins maitrisées par l’ensemble du corpus sont les techniques liées aux maladies et aux ravageurs. Le même constat avait été mis en évidence dans l’étude Semae 2021.

Conclusions et perspectives

Le corpus interrogé semble être engagé ou sensible à des pratiques culturales responsables favorisant la protection de la biodiversité et de la nature. Cette tendance est particulièrement marquée chez les « jardinier·ère·s de jardins » qui indiquent utiliser en grande majorité des pratiques de lutte indirectes contre les maladies et les ravageurs.

L’engagement environnemental varie également selon l’âge des répondant·e·s. Les jardinier·ère·s plus âgé·e·s tendent à pratiquer un jardinage plus traditionnel, probablement en raison d’un processus de changement d’habitudes plus long, tandis que les plus jeunes semblent privilégier des pratiques plus respectueuses de l’environnement.

Il s’agit d’un résumé des résultats ; pour l’intégralité des informations, se référer au rapport complet ci-dessous.

La prochaine enquête qui paraitra au printemps 2026 aura pour objectif cible d’identifier plus clairement la gestion de l’eau et les aléas climatiques par les jardinier·ère·s.

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