Biocontrôle : L’observation

L’observation : pourquoi, où et quand ?

Pourquoi : Tout jardinage écoresponsable commence par l’observation. La détection précoce de bioagresseurs au jardin permet d’optimiser l’efficacité des moyens de protection des plantes et en particulier des solutions de biocontrôle. Un diagnostic tardif restreint le champ des interventions possibles, il fait aussi courir le risque de voir apparaître des surinfections. Par exemple, des champignons ou des bactéries peuvent profiter d’une blessure ou d’un état de faiblesse générale de la plante pour se développer.

Où : Les causes de désordre peuvent se cacher partout, n’hésitez pas à regarder sous les feuilles à contrôler l’écorce, les pétioles et le collet de vos plantes. Les premiers symptômes qui apparaissent sont souvent subtils. En regardant croitre vos plantes, vous vous rendrez compte des changements anormaux. Les ravageurs sont parfois très petits, vous pourrez ainsi voir des cochenilles et penser à des excroissances sur les tiges.

Quand : L’observation au jardin peut se faire à tout moment de la journée, en évitant cependant les périodes de trop forte chaleur. L’observation du début de la matinée facilite le diagnostic pour tout ce qui relève du flétrissement partiel ou total des plantes. L’observation du soir est utile dans les cas de ravageurs actifs au crépuscule.

Cochenilles pulvinaires de l'hortensia (c) J. Jullien
Cochenilles pulvinaires de l'hortensia (c) J. Jullien

Les outils d’observation

Les symptômes que vous observez sur vos plantes sont la base de la détermination. Pour identifier le bioagresseur qui attaque vos plantes, il vous faut recueillir un maximum d’informations sur lui.

Si vous distinguez de petits éléments sur les feuilles mais que vous ne parvenez pas à les caractériser, utilisez une loupe d’un grossissement d’environ 8 à 10 fois pour faciliter vos observations.

La photographie est une technique très utile pour l’aide au diagnostic des bioagresseurs. Elle permet, au calme dans son bureau, de regarder de près les symptômes.

Pour vous aider dans la reconnaissance du bioagresseur, consultez l’application Vigijardin, elle est utilisable sur tablette et smartphone. Si besoin, vous pouvez même consulter le réseau d’experts du service HortiQuid en leur envoyant vos photos

(Attention : Celles-ci doivent être représentatives de l’état de la plante, des symptômes et/ou des bioagresseurs présents sur la plante, prenez plusieurs photos allant du plan large au plus serré).

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Les outils d’observation

Les symptômes de maladie observés sur les plantes peuvent avoir une origine abiotique (stress hydriques, carences etc.) ou biotique (insectes ravageurs, champignons pathogènes etc.). Pour distinguer la cause, observez l’étendue des dégâts :

  • Pour un stress abiotique (lié au milieu, à l’environnement), les dégâts seront plutôt généralisés ou répartis sur tout un secteur du jardin.
  • Pour un stress biotique (lié à des organismes nuisibles), les dégâts seront plus dispersés avec des foyers d’infection ponctuels.

Ensuite, observez la localisation des dégâts sur la plante : S’agit-il des feuilles du haut, des feuilles d’étages intermédiaires ou des feuilles du bas de la plante, ou encore de bourgeons, de boutons floraux qui sont atteints? Ces informations sont des critères d’identification importants pour comprendre la cause des dégâts.

Par exemple : une carence en azote va d’abord entrainer un jaunissement des vieilles feuilles alors qu’une carence en fer impacte plutôt les jeunes feuilles.

Enfin, focalisez l’observation sur les symptômes en eux-mêmes :

Pour un ravageur, comptez le nombre de pattes, observez la tête ainsi que son anatomie générale, regardez la forme et la couleur des galles, caractérisez la nature des dégâts : la feuille est-elle flétrie, décolorée ou nécrosée ?

Pour une maladie, observez les organes atteints. Par exemple, pour des taches sur les feuilles, regardez leur répartition : Sont-elles en bordure, diffuses ou au contraire bien délimitées par les nervures ?

Tous ces critères vous permettront d’identifier et de comprendre les causes des désordres de vos plantes. Grâce à ces informations, vous pourrez raisonner vos interventions et choisir des solutions de biocontrôle adaptées.

Excréments caractéristiques & dégâts sur feuilles de lilas causés par l’otiorhynque (Otiorhynchus sulcatus), un insecte de la famille des charançons. © Whitney Cranshaw
Excréments caractéristiques & dégâts sur feuilles de lilas causés par l’otiorhynque (Otiorhynchus sulcatus), un insecte de la famille des charançons. © Whitney Cranshaw

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