Les rapaces nocturnes


Le mot rapace est un nom usuel désignant une grande variété d’espèces ; il vient du latin rapax (radical rapere) qui signifie « saisir, ravir ». Ces oiseaux peuvent être carnivores mais aussi charognards ou pêcheurs. Ils sont aussi désignés comme des oiseaux de proies ou prédateurs.

Bien que très proches physiquement les rapaces diurnes et nocturnes n’ont aucun lien de parenté.

Depuis 1972, une loi protège tous les rapaces de France qu’ils soient diurnes ou nocturnes.

Carte d'identité

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Trois exemples de rapaces nocturnes de France :

  1. La chouette chevêche (Athene noctua)

Cette petite chouette ronde et trapue, appelée également chevêche d’Athéna, en référence à la déesse grecque dont la chouette est l’un des attributs. L’envergure de cette chouette est comprise entre 50 et 57 centimètres pour une longueur allant de 23 à 27.5 centimètres et un poids d’environ 200 grammes. Le mâle et la femelle sont semblables. Son plumage est brun/gris au-dessus et blanc crème strié de brun au-dessous (Figure 1). Son iris est jaune pâle et son bec gris clair.

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Figure 1 : Chouette chevêche adulte nourrissant un juvénile (©C.Fosserat).

Cette chouette, présente sur quasiment tout le territoire, affectionne les zones agricoles boisées, les haies, les vergers et les allées boisées. Elle aime à nidifier dans les petites cavités des vieux arbres creux, des murets de pierres ou bien parfois dans des terriers.

Son régime alimentaire est principalement constitué de petits rongeurs mais elle s’offre le loisir de consommer également de gros insectes tels des criquets, coléoptères ou sauterelles, des petits lézards aussi, des batraciens ou bien encore des petits passereaux. Elle chasse aussi bien à partir d’un poste d’observation qu’en plein vol ou bien en se déplaçant sur le sol.

 

  1. La chouette effraie (Tyto alba)

La chouette effraie également appelée Dame Blanche ou l’effraie des clochers, fait partie des rapaces nocturnes les plus répandus dans le monde. Les parties supérieures sont de couleurs brun clair tachetées de noir et de blanc et les parties inférieures sont blanches grisâtres (Figure 2). Elle est facilement identifiable grâce à sa face grande et parfaitement blanche et ses yeux foncés cerclés brun clair.

Son envergure oscille entre 80 et 95 centimètres pour une longueur comprise entre 33 à 39 centimètres et un poids aux alentours de 350 grammes. Le mâle est plus petit que la femelle.

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Figure 2 : Chouette effraie avant l’attaque (©alecowenevans/istock).

On rencontre cette chouette aussi bien dans les zones urbaines où elle chasse dans les parcs et squares que dans les campagnes où elle affectionne la chasse dans les talus, prairies et pâtures entourées de haies. Il lui arrive rarement de nicher en pleine nature car elle préfère les clochers et les greniers. Il s’agit d’une espèce très largement sédentaire mais qui peut migrer en cas de pénurie alimentaire.

La chouette effraie chasse exclusivement pendant la nuit. Elle est opportuniste même si elle consomme en très grande majorité des rongeurs mais aussi des oiseaux et quelques batraciens, des insectes, des reptiles et parfois des poissons et des limaces.

 

  1. La chouette hulotte (Strix aluco)

Cette chouette aussi appelée Chat-Huant est le rapace nocturne le plus répandu en France. Son envergure varie de 81 à 105 centimètres. Son corps mesure de 37 à 46 centimètres pour un poids allant de 330 à 500 grammes pour les mâles et de 400 à 750 grammes pour les femelles. Son corps est tacheté gris, brun, comportant des nuances de roux sur le dessus et de beige sur le dessous (Figure 3).

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Figure 3 : Chouette hulotte (Chouette-et-hibou.fr).

On trouve cette espèce dans toutes les régions (excepté en Corse) et dans tous les milieux en deçà de 1500 mètres d’altitude. Ce rapace, très sédentaire et territorial, niche dans les anfractuosités des arbres, murs et rochers.

De nature opportuniste, la chouette hulotte s’adapte aux proies présentes mais son régime alimentaire est, lui aussi, principalement constitué de petits mammifères.

Elle peut être confondue avec le hibou moyen-duc bien que celui-ci comme tous les hiboux se distingue des chouettes par la présence d’aigrettes sur la tête.

 

Les rapaces sont connus pour avoir une vue remarquable. Par contre les rapaces sont dépourvus de papilles gustatives et donc de goût. Dans certaines circonstances de végétation dense, il leur arrive de ne repérer leurs proies que grâce à leur ouïe fine.

Ils sont actifs toute l’année, été comme hiver (Liagre, 2006), de jour comme de nuit. Les rapaces se nourrissent donc principalement de petits mammifères comme les lapins, rats, souris, campagnols, etc. Quelques heures après la chasse les rapaces rejettent une pelote de réjection contenant les poils et les os de leurs proies qu’ils sont incapables de digérer.

La présence des rapaces témoigne d’un bon équilibre de l’écosystème environnant. Etant en haut de la pyramide alimentaire, ils sont très sensibles à la quantité de proies disponibles. Il a par ailleurs été montré que plus le nombre de proies est important, plus le niveau de prélèvement sera conséquent (Liagre, 2006).

La présence de rapaces est particulièrement importante car ils permettent de réguler les pullulations de petits mammifères comme le campagnol terrestre ou le mulot sylvestre, responsables d’importants dégâts pour les cultures.

  • N’utilisez pas de traitements chimiques anti-campagnol par exemple car ils contamineront ensuite leurs prédateurs.
  • Favorisez les postes d’observations en hauteur donc les arbres de hauts jets ou les grands arbres morts (s’ils ne présentent pas trop de risques de casse).
  • Conservez les haies qui servent de repères pour leur vol et de garde-manger.
  • Conservez aussi les arbres à cavités qui permettront à certains de ces rapaces de nidifier.

Liens utiles :

Observatoire des rapaces de la Lpo

Laboratoire de Chizé du CNRS

Bibliographie :

Liagre, F. (2006). Les haies rurales: rôles, création, entretien. France Agricole Editions.

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