Poireau – Mouche mineuse


Cette petite mouche pond ses œufs à proximité des poireaux. L’asticot mange les feuilles dans lesquelles il creuse une galerie qui le protège des attaques extérieures. Ce ravageur est de plus en plus présent en France où il parvient très facilement à résister aux conditions hivernales.

Carte d'identité

Femelle adulte mineuse
Phytomyza gymnostoma
j f m a m j j a s o n d
pupes dans le sol et dans les débris de végétaux feuillage tous
autres alliacées : ciboulettes, ciboules, oignons, ail, échalote et parfois ail des ours sauvage

Morsures nutritionnelles sur oignon jauneAu printemps, les dégâts surviennent après le premier vol. Les poireaux en culture sont alors de petite taille, et quelques asticots suffisent à rendre le végétal totalement impropre à la consommation voire à tuer une plante.

En automne, les poireaux sont de plus grande taille et survivent même en hébergeant des populations importantes de larves. Les mines ne pourrissent pas, elles ont dans certains cas un aspect propre de teinte blanchâtre. Il arrive aussi que la coloration soit brun rose, bien visible sur la partie basale blanche des feuilles. À la fin de la croissance larvaire, l’asticot quitte son hôte végétal pour aller se nymphoser dans le sol.

PupeLes pupes se forment à la partie terminale de la galerie qui, parfois, peut s’ouvrir latéralement avec la croissance du poireau.

Au cours de la croissance des jeunes feuilles centrales, les feuilles externes fragilisées éclatent sous leur poussée latérale et le plant est complètement déstructuré. À l’éclatement des plantes, s’ajoute l’altération de la récolte par la présence de galeries colorées et de pupes sur plusieurs épaisseurs de feuilles, rendant le poireau impropre à la consommation ou le dégradant fortement.

Perte de récoltes

Les dégâts mènent à des pertes de récoltes très élevées car les poireaux sont impropres à la consommation.

Les adultes sont de petites mouches d’environ 3 mm de long. Qui vont pondre à la base des jeunes poireaux au printemps.

Les asticots se nourrissent entre les deux épidermes d’une feuille en progressant du haut vers le bas.

À la fin de la croissance larvaire, l’asticot quitte son hôte végétal pour aller se nymphoser dans le sol.

Observez d’abord le port de la plante, et en particulier les feuilles centrales, qui sont les premières à subir les déformations. Confirmez le diagnostic par la présence de galeries caractéristiques dans les feuilles et le repérage des morsures de ponte alignées.

Le symptôme de désorganisation de la structure de la plante peut être confondu avec des attaques graves du nématode des tiges (Ditylenchus dipsaci). Dans le cas d’attaque de nématode, il n’y a pas de présence d’asticots ou de pupes.

Pour différencier les dégâts de ceux de la teigne du poireau, il faut noter que les parties supérieures des feuilles vertes ne sont jamais atteintes et que les galeries de la mineuse ne pourrissent pas.

Utilisez un voile anti insecte adapté (maillage d’environ 0,8 ou 0,5 mm) dès l’installation de la culture (repiquage de printemps). Posez le filet de telle manière que les feuilles ne le touche pas et qu’il n’y ait pas de trou ou de passage. Il est possible de retarder la pose du filet par une observation fine  de l’arrivée des premiers vols d’adultes en plaçant à proximité immédiate de la culture des pots de ciboulette dont les feuilles sont très attractives pour le ravageur. Une observation très régulière des feuilles de ciboulette permet de repérer facilement les premières  piqures de nutrition sous forme de points blancs parfaitement alignés. Les piqures de nutrition précèdent immédiatement les piqures de pontes sur les feuilles du poireau ; il faut alors agir immédiatement.

Favoriser les zones propices à l’installation des prédateurs naturels de ce ravageur. Dans les zones de l’est de l’Europe, à l’origine de la migration de la mineuse, la population semble se réguler créant moins de dégât sur les cultures. Un hyménoptère (petite guêpe) pourrait intervenir dans cette régulation.

Détruisez les pupes, sarclez la terre après le retrait des légumes pour mettre au jour les pupes conservées dans le sol. Le frois hivernal peut entraîner leur destruction partielle.

Ne pas mettre les déchets végétaux contaminés au compost. Les pupes ne seraient pas détruites

Éliminez les pupes contenues dans les déchets de végétaux en les évacuant dans la poubelle de déchets ultimes sous sac étanche.

L’installation tardive de la culture (après le vol de printemps qui a lieu vers à la fin de l’hiver) permet d’éviter les dégâts liés à la première génération. En semant vos poireaux sous châssis avant de les repiquer, vous les protègerez de la première attaque de mouche mineuse de printemps.

Pratiquez la rotation des cultures afin que les pupes conservées dans le sol au cours de l’hiver ne puissent pas se retrouver sous le voile à insecte installé sur la nouvelle culture.

Dans la plupart des régions de cultures maraîchères, la mineuse du poireau fait l’objet d’un suivi épidémiologique dans le réseau professionnel. Vous pouvez suivre l’évolution des risques de contamination en consultant le bulletin de santé du végétal spécialisé légumes de votre région, en accès libre sur le site de votre Chambre Régionale d’Agriculture

Les purins d’absinthe, tanaisie ou livèche semblent aider à maintenir les mouches éloignées des cultures. Cependant, l’efficacité de ces préparations n’est pas démontrée scientifiquement à ce jour.

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