Lauréate 2015: le jardin de Danielle Dubos à Marsan (32)

Portrait de jardinière

Son amour du jardin se confond depuis toujours avec l’amour de la campagne. Enfant, elle jardinait déjà avec sa grand-mère, cueillait des fleurs sauvages pour faire des bouquets pour l’église et apprenait les noms des arbres avec son grand-père. Elle souhaiterait aujourd’hui qu’il y ait plus de transmission des savoirs et des savoir-faire : « J’ai la nostalgie de l’époque où on prenait le temps. Ceux qui vivent aujourd’hui à la campagne ne prennent pas assez de temps pour observer et pour connaître les plantes ! ».

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Sa carrière de professeur des écoles et de conseillère pédagogique lui a heureusement donné l’occasion de faire partager à des générations d’élèves et de collègues cet amour et ce savoir.  Aujourd’hui, Dany mène toujours une vie associative intense sur le plan local, pour le jardin, pour la défense de sa région ou pour l’art floral. Dany a d’ailleurs toujours cultivé des fleurs coupées. Elle réalise selon la saison et son inspiration des compositions sauvages, graphiques, contemporaines ou classique.

Dany observe et fait des projets. Elle aimerait développer les bulbes sauvages comme les cyclamens, les crocus et les colchiques. Elle souhaite aussi s’essayer à la culture du safran, à la culture sur buttes et à l’agroforesterie…Bref, affiner encore une vision bienveillante d’un jardin vivant toujours plus proche de la Nature…

Sa vision du jardin

Au pied du Phillyrea, je vivais heureuse…

Dans les années 70, Dany a eu le coup de cœur pour cette propriété et surtout pour son  Phillyrea latifolia (ou filaire) qui poussait déjà près de la maison et que beaucoup confondent encore avec un chêne vert. Considéré souvent comme un arbuste à croissance lente, il a pris ici un développement exceptionnel. Depuis, chaque jour, se déroule ici un drôle de rituel, Dany Dubos, la propriétaire des lieux, fait le tour de son jardin suivie de près par son chien et… son chat.

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Le jardin de Dany n’a cessé de s’enrichir et de prendre avec le temps un air de petit paradis de la biodiversité où il se passe toujours quelque chose.

Le jardin en pratique

L’eau est précieuse

Ici pas question d’arrosage automatique ! L’eau est à la fois rare et précieuse mais aussi bien présente.  Près de la maison par exemple, une vaste étendue d’eau apporte une fraîcheur bienvenue. A la fois piscine naturelle et bassin, cette ancienne piscine de baignade  a été réaménagée, végétalisée et a trouvé une nouvelle vie. Elle attire désormais les oiseaux et les insectes. A proximité du bassin, une pergola et une table ont été installées. Au bord de l’eau, c’est un coin de fraîcheur et de rêverie ! « Le bassin est un massif à part entière, explique Dany. Les zones profondes ont été plantées avec de nombreuses plantes aquatiques : nénuphar,  lotus, élodées… ».  Dany avoue avoir eu le coup de cœur en admirant les bassins aux lotus roses de la station thermale Barbotan-les-Thermes.

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Des légumes sur la paille

Les légumes choisis sont de grands classiques : haricots, tomates, courges, etc… Le but recherché est de manger de bonnes choses et des légumes de saison. Depuis cette année les pommes de terre sont cultivées simplement dans la paille. Les plants ont été déposés sur un sol où avait été apportée à l’automne une couche de fumier. Les plants ont ensuite été recouverts d’une épaisse couche de paille. Les jardiniers ont ainsi eu la surprise d’une récolte bien plus abondante qu’avec une culture enterrée !

Un potager accessible et fleuri

Le  potager est abondamment fleuri. Il est cultivé en banquettes surélevées pas trop larges pour pouvoir y accéder facilement, sans se faire mal au dos. Le jardin doit aussi rester accueillant pour les animations que Dany organise. Membre des clubs MGEN, Dany organise des ateliers Nature et jardin une fois par mois. « Je veux créer un lieu d’échanges et un lieu de vie. L’idée est de montrer aux gens qu’on peut cultiver un jardin facilement, même dans un pot, et même si on a qu’une terrasse, explique-t-elle. Tout le monde peut installer un pied de tomates avec quelques œillets d’Inde ou un rosier avec des capucines. »

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Ses conseils

Soigner le sol pour mieux soigner la plante

Dany a vite constaté que :   « Une plante qui était sur un « mauvais » sol était toujours malade et ne poussait pas. Cela était particulièrement vrai pour les rosiers. Comme mon but est de ne pas traiter, il faut améliorer le sol ! J’apporte du fumier à l’automne et travaille le sol de façon superficielle. Ainsi, je n’ai pas à arroser ensuite et mes rosiers ne sont pas malades. »

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Récupérer de façon ingénieuse

L’arrosage se fait uniquement au tuyau avec l’eau du puits et de la citerne. Une cuve enterrée près de l’entrée récupère l’eau de ruissellement des toits de tous les bâtiments. Une mare et un bassin de rétention ont aussi été aménagés en contre-bas du terrain. Le couple a pour cela fait un stage chez Eau Vivante. Un système ingénieux d’épuration permet de récupérer les eaux usées de la maison. Il comprend plusieurs bassins de décantation et de filtration mécanique et biologique.

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Accueillir la nature

Les bandes cultivées accueillent aussi quantité d’aromatiques vivaces et de fleurs qui se ressèment d’année en année (menthe, thyms, origan, bourrache, consoude…) et qui contribuent à rendre le jardin très vivant. Tout autour des massifs, la pelouse se fait prairie jusqu’en juin et accueille une grande diversité de fleurs avec en particulier des orchidées sauvages et plus tard des cyclamens.

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