Lauréats 2011: le jardin de Jean-Paul et Valérie Herbeth à Saint-Mihiel (55)

Portrait de jardiniers

Après une vie professionnelle bien remplie, Jean-Paul et Valérie Herbeth ont décidé de vivre autrement, avec la nature et le plus possible en autonomie. Avec un potager et un verger bio, quelques poules, des plantes aromatiques ou médicinales : les produits chimiques ne passent plus la porte depuis leur installation. Le but ? vivre mieux tout en préservant la nature…

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Ils ont appelé leur maison et leur jardin ‘Terre de rêves’. Valérie et Jean-Paul ont acheté il y a 9 ans ce grand terrain en friche envahi de broussailles dans ce coin de Meuse entre Verdun et Commercy. Au fil du temps, les 4000 m² se sont peu à peu transformés. Mais comme Jean-Paul et Valérie ont d’autres passions, Valérie est artiste mosaïste et Jean-Paul est professeur de yoga et thérapeute, il ne fallait pas devenir esclave ! Alors ici, c’est souvent la nature qui dicte la solution.

Leur vision du jardin

Un jardin pour le bien-être et pour la nature

Pour Jean-Paul et Valérie, le jardin est une leçon de vie perpétuelle. «Certaines choses marchent et d’autres ne marchent pas. Avec le vivant, il n’y a pas de normes et de très nombreux facteurs entrent en jeu. Nous sommes dans une recherche permanente d’équilibre. Il faut parfois accepter de ne pas être maître de tout ».

Leur rêve : faire du jardin un lieu d’exposition : la fabrication d’un grand totem où chaque artiste apporte sa contribution est en projet.

Le jardin en pratique

Les pelouses fleuries

Au début, Jean-Paul tondait tout même les bordures. Peu à peu il s’est contenté de faire des chemins dans l’herbe à la tondeuse. Les fleurs sont venues toutes seules. La prairie est tondue une à deux fois par an, les allées deux à trois fois par mois. Les prairies fleuries attirent les insectes et les oiseaux. Le jardin est un refuge LPO et le pré est un lieu de promenade agréable. Des haies de dahlias auxquels se mêlent des graminées et diverses annuelles poussent  en bordure des allées. Le long des chemins, des vivaces ont été plantées : géraniums vivaces, campanules, échinacées se disputent la vedette.

« Quand je tonds et que je vois une plante que je ne connais pas, je fais le tour en attendant qu’elle pousse ».

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L’idée est de recréer un équilibre écologique entre tous les habitants du jardin et une véritable biodiversité. Beaucoup de plantes du jardin étaient déjà là ou ont été amenées par les oiseaux. D’autres proviennent d’échanges. Le jardin organise des bourses aux plantes deux fois par an. Quand une nouvelle plante arrive dans le jardin, Valérie et Jean-Paul essaient plusieurs endroits et la promènent dans le jardin avant de sentir et de trouver le bon emplacement.

Le potager

Le couple est quasi autonome pour ses fruits et légumes et n’achète que …le sucre nécessaire aux confitures. Les deux potagers accueillent une très grande variété d’espèces classiques ou plus originales. Jean-Paul pratique les cultures associées et de nombreuses fleurs poussent au milieu des légumes. Dans la mesure du possible les légumes se ressèment et les plants sont repiqués. Chaque année le sol est enrichi avec du compost là où les cultures en ont besoin.

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Les tomates et aubergines poussent sous tunnel. Du basilic cannelle pousse au milieu des tomates. Jean-Paul cultive quatre variétés de pomme de terre : ‘Désirée’, ‘Charlotte’, ‘Rate’ et ‘Appollo’. Les courges sont cultivées cette année sur un long ados de fumier bien décomposé.

Les haricots sont ramés sur de grands fers à béton attachés en tipis, plus solides que tous les autres tuteurs. La plupart du temps, les graines sont récoltées et ressemées d’une année sur l’autre.

Des traitements très réduits

Aucun traitement chimique n’est utilisé. En début de culture (pommes de terre, tomates), Jean-Paul applique une pulvérisation de purin d’ortie et si besoin ensuite des pulvérisations de consoude et prêle. L’efficacité de telles préparation n’est cependant pas démontrée à ce jour. Quant aux attaques de pucerons, aucun traitement n’est fait, cela étant jugé inutile, la preuve en ayant été apportée lorsque Jean-Paul a vu un pied d’absinthe envahi pas les pucerons entièrement dévorés deux jours après par une colonie de larves de coccinelles.

Leurs conseils

Le compost en trois tas, trois mouvements

Le compost est divisé en trois tas à l’air libre. Le premier reçoit tous les déchets du jardin, du verger, de la cuisine. Au bout de quelques mois, il est retourné et forme un deuxième tas qui sera lui-même retourné au bout d’un an pour former un troisième tas. C’est ce compost de trois ans qui est utilisé dans l’année, pour enrichir toutes les zones cultivées.

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L’écologie au quotidien

Jean-Paul et Valérie récupèrent 9000 litres d’eau sur les toitures de la maison et de l’atelier. Ils fabriquent aux-même leurs produits ménagers et leur lessive à partir de cendres.

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