Le perce-oreille


La forficule, plus connue sous le nom de perce-oreilles est un Dermaptère très commun dans les jardins. Pour l’instant, 1800 espèces ont été répertoriées dans le monde. En France, on rencontre une vingtaine d’espèces dont la plus commune est : Forficula auricularia. Souvent accusé d’être un ravageur des cultures, son rôle d’auxiliaire est aujourd’hui bien reconnu.

Bien qu’elles ne soient pas menacées à l’échelle de l’Europe, les populations de perce-oreilles ont par endroit fortement régressé principalement à cause de l’urbanisation croissante et de l’agriculture intensive ayant recours aux produits phytosanitaires de synthèse.

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Forficula auricilaria (© David Cappaert, Bugwood.org).

 

Carte d'identité

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Les perce-oreilles adultes mesurent de 1 à 2 centimètres de long et la carapace de leur corps est de couleur brune-rousse brillante. Ils possèdent sur leur tête deux antennes et des pièces buccales « broyeuses ». Ils sont munis aussi d’ailes dont ils ne se servent que très rarement. Au bout de leur abdomen, les forficules ont deux cerques en forme de pince dont ils tirent leur nom. Ces cerques sont des armes défensives relativement peu efficaces contre les gros prédateurs mais utiles lors de l’accouplement. La forme de ces cerques permet de distinguer le mâle de la femelle. Les mâles auront des cerques très développées et arquées tandis que chez les femelles elles seront plus petites et rectilignes.

L’activité des forficules est généralement nocturne. La journée elles se réfugient dans la litière, sous les pierres, les écorces, les feuilles ou bien les crevasses des troncs. Elles séjournent donc dans les anfractuosités sombres et légèrement humides.

La forficule s’accouple pendant la saison chaude. La femelle pond en général une trentaine d’œufs dans un terrier et s’occupe attentivement de ses larves jusqu’à leur quatrième mue. Dès que les premiers froids arrivent les forficules s’enfouissent dans le sol pour hiberner mais la plupart des mâles ne passeront pas l’hiver.

Le perce-oreille est un auxiliaire polyphage, en effet, il peut consommer aussi bien des champignons microscopiques que des algues, des lichens ou encore des végétaux supérieurs. Il consomme aussi de petits arthropodes vivants ou morts comme des pucerons, des acariens, des psylles, des œufs de limaces, des larves. A ce titre il est considéré comme un auxiliaire du jardinier. Des études de l’INRA ont mis en évidence l’efficacité des perce-oreilles en lutte biologique dans les vergers, où il régule efficacement les populations de psylle du poirier.

Il est possible tout de même d’observer des proliférations massives de forficules. Dans ce cas et si les proies ne sont pas suffisamment abondantes ils peuvent entraîner des dégâts sur les cultures de fraisiers par exemple. Vous pouvez alors retourner des pots de fleurs remplis de pailles ou de feuilles et récolter de jour les forficules qui auront trouvé là un abri et les transporter dans le vergers à protéger. Ce même système peut être utilisé pour faciliter l’hivernage des perce-oreilles.

Le perce-oreille est la proie de nombreux prédateurs comme les oiseaux, les lézards et d’autres mammifères insectivores.

  • N’utilisez pas de pesticides dans votre jardin.
  • Plantez des haies composites.
  • Si possible ne coupez pas les grands arbres morts.
  • Installez des abris à forficules dans votre verger.
  • Évitez de labourer la terre.

LIENS UTILES

Une fiche technique : Laurent Chabrol

La forficule : un insecte auxiliaire et ravageur (Christian Hilaire, Julien Ruesch, Yannick Grall, Marion Cellier, InfosCTIFL Num 318, Janvier-Février 2016