Les guêpes parasitoïdes


Le vaste monde des hyménoptères comprend plus de 120 000 espèces décrites, dont environ 54 500 sont des parasitoïdes. Ces parasitoïdes ont mis en place un mode de prédation particulier car ils ont besoin d’un hôte pour accomplir une partie de leur cycle de développement (Cycle biologique d’un hyménoptère parasitoïde). Ces insectes sont totalement inoffensifs pour l’homme. Dans sa lutte contre les ravageurs, l’agriculture utilise aujourd’hui plus d’une centaine d’espèces auxiliaires dont une très grande majorité sont des insectes parasitoïdes.

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a) Encarsia formosa adulte sortie d’une pupe d’Aleurodes des serres qu’elle a parasité (© Luis Canas, The Ohio State University, Bugwood.org), b) Momies de pucerons parasitées par une Aphidiinae (© Gilles Carcassès), c) Guêpe parasitoïde en position d’oviposition sur un puceron (© S. Dourlot Université de Rennes-I), d) Ponte de punaise parasitée par Scelionidae (© Gilles Carcassès), e) Praon volucre (© Gilles Carcassès).

 

Carte d'identité

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Les guêpes parasitoïdes sont d’une taille de l’ordre du millimètre et parfois plus. Elles sont caractérisées par un étranglement très marqué entre le thorax et l’abdomen. Leur larves sont blanches, aveugles et n’ont pas de pattes.

La femelle sélectionne des zones abondantes en proies. Les femelles pondent un ou plusieurs œufs à la surface (ectoparasitisme) ou à l’intérieur (endoparasitisme) des proies. Par exemple, la durée de vie d’un adulte d’Asobara tabida est de 50 jours environ et une femelle peut pondre entre 400 et 600 œufs. En fonction des conditions climatiques, la femelle Trichogramme brassicae peut parasiter entre 80 et 110 œufs pendant toute sa vie.

Dans un premier temps, afin de maintenir leur hôte en vie, les larves ne se nourrissent que des tissus de réserve. Ensuite les organes vitaux sont attaqués ce qui entraîne la mort de l’hôte. Ces organismes ont des cycles de vie très courts, ils s’adaptent donc bien aux variations de quantité de proies. Certaines guêpes parasitoïdes adultes sont des prédatrices de pucerons. D’autres adultes se nourrissent de miellat et de nectar. C’est la raison pour laquelle les bandes fleuries et les haies composites serviront de sources de nourriture Elles affectionnent particulièrement les fleurs de carottes, fenouil, aneth, panais et autres Apiacées.

Au moment de la ponte, certaines femelles injectent en plus de l’œuf soit un venin soit des particules virales dont l’objectif sera d’entraver le système immunitaire des hôtes ou de modifier leur comportement et de permettre ainsi le bon développement de la larve. Il s’agit donc ici d’une symbiose particulière entre un eucaryote et un virus.

  • N’utilisez pas de traitements phytosanitaires néfastes pour les adultes.
  • Plantez des bandes fleuries composées d’Apiacées sauvages.
  • Favoriser la floraison d’espèces variées.
  • Maintenez des allées enherbées en permanence.
  • Implantez des plantes relais.
  • Maintenez un paysage diversifié.
  • Ne pratiquez pas de labour par retournement.

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LIENS UTILES

INRA : Les hyménoptères parasitoïdes

Les hémiptères du Québec

L’encyclopédie du puceron (INRA).

INRA : Parasitoïdes primaires et secondaires

BIBLIOGRAPHIE SCIENTIFIQUE

Thèse : De la plante à l’homme via les guêpes parasitoïdes : comment décider sans calculer ? Par Philippe Louâpre (2011).