Xylella fastidiosa

ONR

Organisme nuisible réglementé en Europe et de lutte obligatoire sur le territoire français.

Carte d'identité

Xylella fastidiosa
j f m a m j j a s o n d
températures supérieures à 4°C
tous
200 espèces végétales de 50 familles botaniques différentes

La bactérie obstrue progressivement les vaisseaux conducteurs de la sève brute (xylème) dans les racines et les tiges des plantes contaminées. C’est surtout sur les rameaux et les feuilles que les symptômes sont repérables quand la bactérie envahit les pétioles et les nervures des feuilles. A ce niveau de la plante, les symptômes les plus fréquemment rencontrés peuvent être des réductions de taille des feuilles, des décolorations et des chloroses diverses, avant le plus souvent d’aboutir à un flétrissement puis un desséchement total pouvant engendrer la mort de la plante.

Le mode d’expression et la virulence des symptômes sont variables selon la plante hôte et la souche de la bactérie. De plus, certaines plantes peuvent être porteuses de cette bactérie sans présenter les signes de maladie. Elles restent tout de même une source potentielle de contamination.

Souvent, la bactérie n’agit pas seule mais en association avec des champignons qui contribuent au bouchage des vaisseaux. Des coupes transversales de branche mais aussi longitudinales sous-épidermiques permettent de voir le brunissement des tissus vasculaires qui peut être causé par X. fastidiosa, mais aussi par d’autres maladies vasculaires (Verticilliose, graphiose de l’orme, …).

La complexité du diagnostic réside dans le fait que de nombreuses causes abiotiques, en lien avec la vie de la plante, produisent des symptômes similaires. Notamment : les stress hydriques, les excès de chaleur, les carences nutritionnelles, les toxicités diverses et d’une manière générale toutes conditions défavorables à la croissance de la plante. Seule une analyse en laboratoire agréée permet d’identifier officiellement cette bactérie.

Xylella fastidiosa est une bactérie qui se transmet de plante à plante par des insectes piqueurs-suceurs de sève principalement les cicadelles et les cercopes. L’insecte se nourrit en suçant la sève brute (Xylème) contaminée d’une plante hôte puis, en allant se nourrir sur une autre plante, contamine cette dernière lors de sa piqure. Les insectes perdent leur pouvoir contaminant à chaque changement de stade. La virulence de la bactérie est fortement réduite dès que les températures descendent au-dessous de 4°C.

La diffusion à grande distance se fait par le végétal contaminé, boutures ou plantes entières en provenance de sites contaminés.

La bactérie est le plus fréquemment rencontrée en Europe sur les oliviers, les lauriers roses, les amandiers, les citronniers, les orangers, les pêchers et les caféiers, mais elle peut se rencontrer sur plus de 200 espèces végétales de 50 familles botaniques différentes

Il existe plusieurs sous-espèces de cette bactérie, avec des spectres d’hôtes différents :

  • f. subsp. fastidiosa : pathogène pour la vigne (maladie de Pierce), l’amandier et le caféier.
  • f. subsp. multiplex : pathogène pour amandier et autre Prunus sp., quelques feuillus et autres essences ornementales.
  • f. subsp. sandyi : pathogène sur laurier rose et caféier.
  • f. subsp. pauca : pathogène sur les agrumes, caféier et olivier.
  • f. subsp. morus: pathogène pour les muriers.
  • f. subsp. tashke : pathogène sur Chitalpa tashkentensis.

Il convient d’être vigilant sur tous les symptômes correspondants à ceux décrits, notamment sur les décolorations et flétrissements souvent unilatéraux (une moitié et pas l’autre) de rameaux et de feuilles des plantes réputées sensibles. Une attention toute particulière devra être en permanence portée sur les plantes d’intérieur et d’extérieur d’introduction récente quel qu’en soit le mode d’acquisition, don ou achat.

Dès le moindre doute, il convient d’avertir rapidement la DRAAF (Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt) de votre région qui procédera, ou fera procéder à un pré-diagnostic par un expert, essentiellement destiné à éliminer les causes abiotiques et à confirmer la suspicion d’un risque de présence de la maladie. Seulement en dernier ressort le SRAL (Service Régional de l’Alimentation) au sein de la DRAAF de votre région fera procéder à une prise d’échantillon en vue d’une analyse dans un laboratoire agréé.