Lauréat 2011: le jardin de Jean-Claude MOIRON à Annecy-Le-Vieux (77)

Portrait de jardinier

Ancien responsable des espaces verts de la Ville d’Annecy,  Jean –Claude Moiron est un passionné de botanique, de technique et un perfectionniste. Son jardin reflète cette exigence. Il présente une grande diversité botanique, notamment pour les roses, les bulbeuses, les vivaces et les arbustes mais ne tolère ni maladies, ni herbes indésirables, un résultat qui est le fruit d’un travail quotidien, d’une attention et d’un contrôle permanents. Ici jardiner autrement n’est jamais synonyme de laisser – aller,  d’à peu-près ou de désordre. Comme un grand nombre de professionnels, il a connu et surtout participé à l’évolution des mentalités  vers une horticulture plus respectueuse de l’environnement. Jean-Claude Moiron a été pionnier en matière de fleurissement et de la réduction des produits phytosanitaires dans les villes…

9-jcm-annecy-9

« Le premier déclic pour moi a été le désherbage. J’ai fait la triste expérience à la Ville, du désherbage d’une collection de rosiers avec des produits à base de glyphosate et j’ai pu démontrer qu’une partie  du produit était (aussi) absorbé non pas seulement par les feuilles comme indiqué par le fabricant mais au niveau des racines et qu’il provoquait un dépérissement des rosiers…J’ai donc décidé d’acheter des binettes et des désherbeurs thermiques…

Sa vision du jardin

Le jardinage raisonné

Jean-Claude Moiron aime les  plantes, les beaux jardins et le travail bien fait. Maître- jardinier curieux et passionné il a passé sa vie au service des jardins et des espaces verts à la recherche de l’excellence. Son bonheur aujourd’hui est de partager les récoltes de son potager avec ses enfants ou ses amis et de partager son savoir-faire à travers des conférences sur le jardinage raisonné…

Pour tous les bons jardiniers, tout commence par la fertilité du sol. Ce fut aussi la première priorité de Jean-Claude Moiron dès l’acquisition du terrain, il y a 23 ans. Près de l’entrée, un grand silo à compost a été creusé dans le sol et cimenté. Il reçoit chaque année un camion de fumier de cheval sur copeaux de bois en provenance d’un centre équestre voisin, un amendement de premier choix ! Au tout début ,le terrain très lourd a été allégé par des apports massifs et réguliers de sable. Jean-Claude Moiron reste un adepte du labour. « Cela permet de décompacter le sol. J’apporte ce compost de fumier de cheval puis je laboure chaque année en automne  à 25 cm de profondeur, pas plus ». Quant au compostage maison des déchets, Jean-Claude Moiron n’en a pas besoin et il utilise le circuit de déchets verts local.

Le jardin en pratique

Cultiver un potager sain et productif

Jean-Claude Moiron cultive une grande variété de légumes courants : haricots, pommes de terre, salades, radis.  Il choisit avec soin ses variétés. « Les variétés sélectionnées récentes sont en général moins sensibles aux maladies que les variétés anciennes ». Chaque année il essaie en plus de cultiver un ou deux légumes anciens. Les graines de certains légumes comme les haricots sont récoltées  et ressemées pendant deux ou trois ans.  « Il faut choisir pour cela quelques pieds sains et vigoureux et les cultiver spécialement pour produire de belles graines ».

Il produit tous ses plants et pratique les semis clairs et en planche. Pour éviter les attaques de mildiou les tomates sont cultivées sous tunnel et la végétation des pommes de terre est éliminée dès que la maturité du tubercule est atteinte.

3-jcm-annecy-3

Pas de traitement chimique

Pour éviter tout traitement chimique, Jean-Claude Moiron fait la chasse aux mauvaises herbes et aux maladies en amont. Il élimine ‘dans l’œuf’ toute possibilité d’arrivée d’herbes indésirables. Les petites plantules qui pourraient apparaître dans les planches de culture sont systématiquement éliminées au désherbeur thermique ou à la binette.

Les insectes et maladies sont pulvérisés avec des purins de tanaisie ou d’orties. L’efficacité de telles préparation n’est cependant pas démontrée à ce jour (ndlr). Une élimination des feuilles malades et des  cultures vieillissantes est aussi suivie avec minutie.

Ses conseils

  1. La culture alternée des Tayberry

Chaque pied de Tayberry (hyb: Mure x framboise) bénéficie d’un double palissage à gauche et à droite. Cette technique ‘essuie-glaces’ optimise le rendement et facilite la récolte. Les pousses remontantes ne viennent pas gêner les branches qui sont entrées en production.

  • Palisser les pousses de l’année d’un côté du pied.
  • Attendre la production, récolter et retailler les pousses qui ont produit.
  • Palisser les nouvelles pousses de l’autre côté et ainsi de suite à la saison suivante.
  1. Faut-il déplanter les bulbes ?

Chaque espèce de bulbe réclame un type de culture différent basé sur l’observation. Les pseudo-tubercules de dahlias sont gélifs et doivent être déplantés et stockés à l’abri du gel. Les bulbes de tulipe s’enfoncent dans le sol d’année en année et forment de petites bulbilles. Il est  donc aussi recommandé de les arracher et de les transplanter chaque année. Ce n’est pas le cas des bulbes vivaces de narcisses qui poussent horizontalement et qui peuvent donc rester en place.

  1. Réussir ses semis

Jean-Claude déconseille d’enterrer les petites  graines. Il sème clair sur un sol labouré l’automne précédent.

  • Griffer le sol
  • Arroser
  • Semer très clair en planches
  • Émietter un peu de terre sèche pour recouvrir les graines
  • Plomber avec le dos d’un râteau.
  1. Des rosiers sans maladies

Pour éviter les maladies foliaires, les rosiers sont pré- taillés à l’automne et les feuilles sont éliminées à la main (avec des gants) puis évacuées dans les déchets verts. La taille annuelle interviendra en mai.

le-ruisseau

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.