Protéger son jardin grâce aux haies et massifs champêtres

Si le but premier d’une haie est bien souvent de délimiter les espaces, il n’y a pas de raison de se contenter d’un « mur » végétal terne et sans intérêt esthétique. La haie peut au contraire devenir un élément à part entière pour animer la vie de votre jardin.

Pourquoi une haie ou un massif champêtre protège votre jardin ?

De nombreuses espèces,  attirées entre autres par les fleurs,  les baies ou l’abri ainsi offert, éliront domicile dans votre massif champêtre : oiseaux, insectes, reptiles et autres petits mammifères.

Par exemple les arbres à fleurs facilitent la vie des insectes pollinisateurs et les arbres à baies nourrissent les oiseaux, qui vont réguler les populations d’insectes ravageurs du jardin.

Selon les régions, on y trouve des rapaces diurnes et nocturnes (faucons, buses, éperviers, chouettes et hiboux), mais aussi des serpents (couleuvres, vipères) et petits carnassiers de l’ordre de mammifères : belettes, etc. Ces espèces carnivores protègent votre jardin en mangeant les nuisibles (campagnols et autres souris), sans toucher aux cultures.


Tous les passereaux, même les granivores, consomment des insectes, limitant la population d’insectes nuisibles dans les cultures. Les haies et massifs leur offrent un lieu de vie idéal en leur procurant baies, graines, insectes, larves…

Les haies constituent même de véritables réserves d’auxiliaires qui protégeront vos cultures.

Variez les espèces

N’hésitez pas à varier les espèces et les familles et surtout soyez patients et laissez le temps au temps. Il ne faut pas chercher à constituer immédiatement un décor adulte et immuable. Plantez des végétaux jeunes, moins coûteux, et qui ont de meilleures chances de reprise. Il est important de former les sujets jeunes dès le départ, ce qui permet de leur donner l’aspect souhaité et de prendre plaisir à modeler le jardin selon vos envies. Le plaisir du jardinier passe aussi par l’observation du développement des végétaux.


Une haie libre ou champêtre, ou un massif d’arbustes, poussent relativement vite et bien, surtout composés d’espèces rustiques, c’est-à-dire supportant les rigueurs de nos hivers. L’entretien d’une haie composée de plusieurs espèces est facile et la résistance aux maladies et aux parasites bien meilleure que pour une haie mono-spécifique.

Mélangez des plantes de croissance différentes pour obtenir rapidement des résultats tout en laissant les espèces moins poussantes (vigoureuses) plus lents se développer à leur rythme.

Réglementation

Le semis ou la plantation de certaines espèces peuvent être réglementés dans le cadre de la lutte contre une maladie ou un ravageur. Par exemple, Erwinia amylovora, la bactérie en cause du feu bactérien est un organisme réglementé. Les espèces concernées sont nombreuses : poiriers, pommiers, néfliers, cognassiers, aubépines, pyracanthas, cotoneaster…

Les plantes achetées chez des professionnels sont régulièrement contrôlées et donc conformes à la réglementation. Si vous souhaitez planter, semer ou vous procurer des espèces ne provenant pas d’un professionnel, renseignez-vous auprès de la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF) de votre région.

Les meilleures espèces indigènes pour composer sa haie

Petite liste non exhaustive des meilleures espèces indigènes pour composer une haie champêtre ou un massif d’arbustes:

  • Érable champêtre (Acer campestre),
  • cornouiller mâle (Cornus mas),
  • noisetier (Corylus avellana),
  • aubépine (Crataegus),
  • fusain (Euonymus),
  • bourdaine (Frangula dodonei),
  • lierre (Hedera),
  • houx (Ilex),
  • genévrier (Juniperus),
  • chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida),
  • néflier vrai (Mespilus germanica),
  • merisier (Prunus avium),
  • prunellier (Prunus spinosa),
  • nerprun (Rhamnus),
  • églantier (Rosa canina),
  • ronce (Rubus) (sans épines),
  • sureau noir (Sambucus nigra),
  • sureau à grappes (Sambucus racemosa),
  • sorbier (Sorbus aucuparia),
  • viorne (Viburnum)…