Le broyage des végétaux pour une réutilisation au jardin

Lors des travaux de jardinage, le volume et la masse de végétaux produits peuvent être importants (environ 500 kg de « déchets verts » par an pour un jardin moyen). Il s’agit de feuilles mortes (en automne), d’herbes après la tonte (au printemps/été), de résidus d’élagage (en hiver).

Certains se posent alors la question « Comment se débarrasser de ces déchets verts ? »

La réglementation interdit de brûler les déchets verts ainsi que ménagers (des dérogations peuvent cependant être appliquées).

Il est alors possible de :

  • Déposer les déchets verts en déchetterie. Lorsque le broyage et le compostage sont pratiqués, les collectivités donnent souvent accès à leurs administrés au compost ou au broyat produits. Cependant, le recyclage des déchets verts est rarement effectué sur place. Ils sont transportés par bennes vers un centre de compostage ce qui engendre des pollutions et des coûts assez élevés.
  • S’il n’est pas possible de se déplacer en déchetterie (grosse quantité de végétaux) des entreprises spécialisées peuvent prendre en charge les végétaux ou les broyer sur place. Cette solution est assez onéreuse.
  • Broyer soi-même ses déchets verts à l’aide d’un broyeur électrique ou thermique ou d’un sécateur (pour les petites quantités) reste la solution la plus économique et écologique.

Le broyat peut être revalorisé au jardin. Ainsi, rien ne sert d’exporter de la matière tout est utilisable au jardin.

Que faire du broyat?

Différents types de valorisations sont possibles à condition que les végétaux broyés soient indemnes de maladies et bien secs. Selon la saison, l’usage du broyat sera différent.

Au printemps, on favorisera les broyats issus de la taille de fin d’hiver pour pailler aux alentours du mois de mai lorsque la terre est bien chaude. Le paillage permet de limiter le développement des herbes indésirables, l’évaporation, le tassement, le ruissellement et freine la progression de certains ravageurs comme les limaces.

Paillage de résidus de tonte © Denis Pépin
Paillage de résidus de tonte © Denis Pépin
Paillage copeaux de bois
Paillage copeaux de bois © Pixabay

Les broyats obtenus après élagage des feuillus, pendant leur période de dormance (octobre à février), peuvent être valorisés en BRF (bois raméal fragmenté). Le BRF « est le résultat du broyage frais de rameaux et petites branches vertes d’un diamètre inférieur à 7 cm, avec ou sans feuilles » (E. Asselineau et G. Domenech, Les bois Raméaux fragmentés De l’arbre au sol, 2007). Les copeaux de BRF sont très riches en cellulose et lignine. Les vers de terres se nourrissent de la cellulose et les champignons dégradent la lignine. Cette décomposition apportera des nutriments au sol contribuant à l’amélioration de sa structure. Il est à noter que pour une bonne efficacité, le BRF doit être étalé dans les 24 heures qui suivent le broyage. Contrairement au paillage le BRF doit être incorporé superficiellement dans le sol. L’emploi du BRF n’est préconisé que pour redonner vie à des sols ayant de très faibles taux de matières organiques ou très dégradés. Les cultures réalisées sur BRF doivent faire l’objet d’un suivi particulier en matière d’irrigation et de risque de faim d’azote sur les plantes ; les microorganismes dégradant le bois consomment beaucoup d’azote.

Enfin, les broyats issus de fruits ou de légumes non consommables, de déchets de tonte, de feuilles mortes ou de petites branches peuvent être valorisés toute l’année sous forme de compost. L’épandage de compost au jardin favorise la micro-faune et flore du sol, augmente la capacité de rétention des sols et améliore leur structure.

Composteurs en bac
Composteurs en bac

Quels outils utiliser pour le broyage?

Le choix de l’outil (broyeur ou sécateur) se fera en fonction de la taille de votre espace (jardin, terrasse ou balcon) et des végétaux qui le composent (plantes potagères, d’ornement, verger).

  •  Un petit broyeur (équipé d’un système de coupe à lame ou plateau) est idéal pour les petites surfaces. Pour les balcons on privilégiera le sécateur (manuel ou électrique). Ces outils permettent de réaliser des petits tronçons à partir de déchets de taille modeste (fleurs sèches, rameaux de rosiers après floraison, feuilles mortes coriaces).
  • Un broyeur électrique équipé d’un système de lames à rotor permettra de broyer les branches ayant un diamètre compris entre 35 mm et 45 mm (haies, arbustes, bois moyennement dur).
  • Un broyeur thermique est à privilégier pour les jardins dont la surface dépasse les 500 m2. Il permet le broyage de bois très dur (arbres fruitiers, branches supérieures à 45 mm).

L’achat individuel d’un de ces types de matériel est à apprécier selon un rapport investissement/usage. Pour un usage peu fréquent la location peut être envisageable. Le prêt collectif de matériel de jardinage se développe et doit être encouragé car il est particulièrement opportun pour cet équipement qui sert une fois pas an en général.

Les broyeurs sont équipés de certaines options sécuritaires (coupe circuit en cas de bourrage, entonnoir adapté). Cependant ces éléments de sécurité ne dispensent pas du port de gants et de lunettes qui vous protégeront en cas de projections ainsi que d’un casque anti-bruit (selon le type de broyeurs utilisé la puissance sonore peut être très élevée).

N’hésitez pas à demander conseils auprès des vendeurs en magasins spécialisés pour faire le choix qui correspondra au mieux à vos attentes et vos besoins.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

10 + dix-huit =

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.