Construction d’une haie de Benjes

Cette haie, pas ou peu coûteuse, est très simple à mettre en place. Dès son implantation dans le jardin individuel ou collectif, elle va servir de havre pour la biodiversité locale, de brise-vent pour les cultures et de réservoir à matière organique. À terme, une véritable haie vive s’établira et prospérera.

Les haies de Benjes tirent leur nom de leur créateur Herman Benjes, un écologue allemand (1937-2007) qui a mis au point cette technique à la fin des années 80. Elle consiste à entasser des branchages de bois mort, des racines, des rameaux à l’horizontal entre des piquets en bois ou en métal jusqu’à un mètre de hauteur. Certes, ce type d’aménagement demande un peu d’effort au moment de la construction, mais il remplira bon nombre de rôles ensuite.

L’idée d’Herman Benjes est de créer les conditions propices à l’établissement d’une haie variée naturellement constituée d’essences locales. Il faudra par contre être patient le temps que la haie se mette en place.

Résultat final d'une large haie de Benjes (© Semtcar - Rennes.)
Résultat final d'une large haie de Benjes (© Semtcar - Rennes.)

Matériels nécessaires

  • des piquets en bois ou en métal
  • des branchages de diamètres variés
  • des racines
  • des feuilles mortes

Guide de construction

  1. Plantez à intervalles réguliers deux piquets espacés de 20 à 30 centimètres, cet espacement est fonction de la place disponible dans le jardin
  2. Entassez des branchages morts entre les piquets (pour assurer une plus grande résistance, il est recommandé d’entrelacer ou plesser les branchages de part et d’autre des piquets). Il est aussi possible d’incorporer des feuilles dans les espacements.

Intérêt de la construction

Les graines contenues dans les déjections des visiteurs de la haie (petits mammifères, oiseaux, …) ensemenceront l’amas de branchages avec les graines d’espèces végétales environnantes. La haie sera donc constituée des espèces végétales des alentours.

Par ailleurs, cette haie peut servir de tuteur, de support aux potirons, concombres, melons, ou à la capucine par exemple.

Enfin, ces haies mettent les cultures à l’abri des vents mais retiennent aussi les feuilles mortes et servent donc de réservoir de matière organique à proximité des zones cultivées.

Avantages :

  1. Accueil de la biodiversité
  2. Accumulation d’humus mais aussi de nutriments grâce aux déjections
  3. Effet coupe-vent et création d’un microclimat propice aux cultures potagères
  4. Protection contre l’érosion hydrique et éolienne
  5. Implantation d’une flore locale
  6. Constitution d’une haie vive peu ou pas coûteuse

Inconvénients :

  1. Implantation de la haie vive longue (plusieurs années)
  2. « Perte » d’espace au jardin
  3. Des plantes-hôtes de certains parasites des cultures peuvent s’établir