La mante religieuse


La mante religieuse (Mantis religiosa) ou cheval du diable appartient à l’ordre des Mantoptères (Mantodea). Cet insecte est originaire du bassin méditerranéen, mais s’est propagé plus au Nord jusqu’au Havre.

La mante religieuse est protégée en Île-de-France depuis l’arrêté du 22 juillet 1993.

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a) Mantis religiosa (© C.Monin), b) Femelle de Mantis religiosa finissant la construction de son oothèque, malheureusement sur un volet clos donc voué à être détruit (© M.C. Ardouin), c) Tête de Mante avec ses 2 gros yeux bombés et ses 3 ocelles (© J.P.Marino et D.Martin), d) Juvéniles de Mantis religiosa 1 heure après la sortie de leur oothèque ( © P.Falatico), e) Ameles decolor femelle de 20-25 mm, abdomen un peu dilaté au milieu, élytres courts (© A.Guibentif et M.Chevriaux).

 

Carte d'identité

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Les mantes religieuses peuvent être de couleur verte, brunes parfois beiges. Elles peuvent mesurer de 6 à 8 centimètres de long. Le mâle peut être plus petit que la femelle de 2 à 3 centimètres.

La mante a une très bonne vue car elle possède deux gros yeux à facettes et trois yeux simples. Sa tête est triangulaire et peut pivoter de 180° lui permettant de couvrir une large zone sans mouvement du corps tout entier. Ses deux longues antennes sont pourvues de sensilles qui lui confèrent un bon sens auditif.

La mante religieuse se reconnaît notamment grâce à ses longues pattes ravisseuses munies d’épines. On peut facilement reconnaître Mantis religiosa  grâce à la tache sombre présente à l’intérieur des pattes antérieures.

La mante religieuse possède deux paires d’ailes qu’elle peut déployer pour effrayer ses prédateurs.

Il est possible de confondre la mante religieuse avec la mantispe commune par exemple (Mantispa styriaca). Cet insecte témoigne d’une évolution convergente. En effet leurs pattes ravisseuses antérieures sont très proches morphologiquement. Par contre la mantispe se caractérise par 4 ailes membraneuses planes au repos pendant que celles de la mante religieuse sont repliées sous les élytres.

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Mantispa styriaca sur un prunier (© Gilles Carcassès).

La mante religieuse est un insecte diurne qui ne vole pas très vite et uniquement sur de courtes distances.

La mante religieuse s’accouple d’août à octobre. L’emblématique cannibalisme de la mante pendant l’accouplement permet à la femelle de disposer d’une source suffisante de protéine pour porter les œufs. De septembre à novembre la femelle pond 200 à 300 œufs dans une oothèque sur les tiges, des pierres ou des murs une mousse qui durcit ensuite. Les œufs sont jaunes et très allongés. De mai à juin, les larves émergent des œufs, il leur faudra six mues successives pour atteindre l’âge adulte.

Ne sera présente qu’un court laps de temps au jardin (Albouy)

La mante religieuse se confond souvent avec la végétation alentours. Elle apprécie tout spécialement les hautes herbes, les champs en friches, les talus et les buissons.

La mante est une vorace carnassière qui, grâce à ses capacités de camouflages affectionne la chasse à l’affût. La mante religieuse est un prédateur généraliste, carnivore et principalement insectivore ne se nourrissant que de proies vivantes parfois aussi grosses qu’elle. Ainsi, criquets, sauterelles, papillons de jours comme de nuit, abeilles, mouches, moucherons, moustiques constitueront les repas de la mante religieuse adulte. Les jeunes mantes vont s’attaquer à des proies plus petites qu’elles comme des pucerons, des mouches, les mantes juvéniles sont donc des auxiliaires du jardinier. Les mantes religieuses contribuent au contrôle des populations de ravageurs en cultures maraîchères mais ne permettent pas à elles seules d’empêcher des pullulations. Leur période d’activité de prédation est en effet trop courte pour remplir ce rôle.

La mante religieuse et particulièrement les juvéniles sont les proies de nombreux animaux comme les oiseaux, les lézards, les araignées ou bien encore les fourmis.

  • N’utilisez pas de produits phytosanitaires dans votre jardin.
  • Plantez des haies composites et des buissons qui leur serviront d’habitats et de réservoirs de proies.

LIENS UTILES

Le site d’un entomologiste passionné Alain Ramel.

Le blog de Gilles Carcassès

Quelques mythes et légendes

Clé de détermination simplifiée des Mantes religieuses (2015).

BIBLIOGRAPHIE

Une fiche technique de l’INRA (2004)