Les cloportes


Les cloportes sont des crustacés dont on a référencé plus de 3000 espèces dans le monde et plus de 160 en France. Bien que d’origine aquatique, ces crustacés sont entièrement terrestres. L’espèce la plus répandue est le cloporte commun (Armadillidium vulgare). Les cloportes ont été à tort considérés parmi les nuisibles alors qu’ils ne causent aucun dégât dans les jardins ou les vergers et qu’ils ne sont pas vecteurs de maladies transmissibles à l’homme.

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a) Amas d’Armadillidium vulgare (© Flickr), b) Armadillidium vulgare (© Flickr).

Carte d'identité

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Les cloportes mesurent de 0.5 à 2 cm selon les espèces. Certaines espèces peuvent se rouler en boule lorsqu’ils sont en détresse. Leur corps est constitué de trois parties : la tête, le thorax et l’abdomen, le tout recouvert d’un exosquelette rigide constitué de segments articulés portant chacun une paire de pattes. Selon les espèces les cloportes peuvent être jaunâtres à brun pâle, gris, noirs, blancs ou bien avoir une carapace presque transparente.

En moyenne les cloportes peuvent vivre de 2 à 3 ans et effectuent une mue tous les mois.

L’accouplement des cloportes commence avec le printemps et peut durer jusqu’à l’automne. Après l’acte sexuel la femelle conserve les œufs fertilisés dans une poche incubatrice sur sa face ventrale pendant environ un mois. Leur activité est très limitée en hiver. Certaines espèces de cloportes vivent en symbiose avec une bactérie du genre Wolbachia. Cette bactérie a la particularité de transformer leur hôte mâle en femelle.

Les cloportes font partie de la macrofaune utile dans le jardin. Ce sont des omnivores mais ils préfèrent la matière végétale en décomposition tels les feuilles, le bois mort, ou bien les champignons. Leur tube digestif héberge une microflore abondante qui dégrade la cellulose des parois végétales avant que la microfaune ne prenne le relai de la dégradation. Les cloportes sont donc un des premiers maillons de la fertilité et du renouvellement des sols.

Les cloportes affectionnent les lieux humides à l’abri de la lumière. On les rencontre donc souvent agglutinés sous des tas de feuilles, sous l’écorce d’un arbre, dans les bois morts, dans les tas de pierres ou bien encore dans les caves.

De nombreux cloportes s’établissent dans les composts où ils participent à la fabrication d’humus à partir de la matière organique. Cet habitat tempéré leur permet de se reproduire toute l’année.

Les cloportes ont de très nombreux prédateurs, parmi eux : les mille-pattes, les crapauds, les lézards, des oiseaux comme le rouge-gorge ou bien encore certaines araignées comme les Dysdera.

Des études utilisent certaines espèces de cloportes comme des bioindicateurs d’impacts de sols pollués.

  • N’utilisez pas de pesticides dans le jardin.
  • Utilisez du paillage et laissez des litières de feuilles mortes, des tas de pierres, des troncs de bois morts dans les endroits humides de votre jardin.
  • Ne binez pas fréquemment les abords des haies.
  • Alimentez régulièrement votre compost en matières végétales.

Télécharger la fiche technique : Les cloportes (pdf).

LIENS UTILES

Le journal du CNRS-La symbiose : de la molécule à l’écosystème