Les rapaces diurnes


Le mot rapace est un nom usuel désignant une grande diversité d’espèces ; il vient du latin rapax (radical rapere) qui signifie « saisir, ravir ». Ces oiseaux peuvent être carnivores mais aussi charognards ou pêcheurs. Ils sont aussi désignés comme des oiseaux de proie ou prédateurs. Depuis 1972, une loi protège tous les rapaces de France aussi bien diurnes que nocturnes.

Carte d'identité

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L’identification des espèces de rapaces est en effet rendue difficile sur le terrain par la visibilité (souvent à contre-jour) et les distances. Certains critères peuvent être très utiles : la silhouette, la taille, l’allure du vol, la coloration du plumage ou bien encore la saison et l’habitat.

Ces oiseaux se caractérisent par leurs becs crochus, leurs serres puissantes et leurs techniques de vol.

Trois exemples de rapaces diurnes de France :

  1. L’épervier d’Europe

Cet épervier est certainement l’un des plus petits rapaces d’Europe. La coloration des mâles diffère légèrement de celle des femelles. Le critère utile pour reconnaître le mâle est le dessous rayé de barres transversales brun roussâtre. Chez la femelle ces barres sont moins rousses (Figure 1).

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Figure 1 : Epervier d’Europe sur une branche de cerisier (Filckr).

L’envergure des éperviers d’Europe varie de 58 à 65 centimètres pour les mâles et de 68 à 77 centimètres pour les femelles. Cet épervier est un spécialiste de la chasse aux passereaux représentant 97,5% des captures pour son régime alimentaire. En France l’épervier est sédentaire ; il établit souvent son nid dans des conifères au milieu des bois, mais il peut aussi bien s’installer dans des haies ou des bois de moindre importance ainsi qu’en milieu urbain ou semi-urbain.

  1. Le faucon crécerelle :

Le mâle a le dessus du dos et la moitié des ailes rousses mouchetées de noir, la queue et la tête grise. La femelle quant à elle, a le dessous du corps roux sombre et la queue rayée (Figure 2).

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Figure 2 : Le faucon crécerelle (Source : http://pictographe.blogspot.fr/2009/07/les-rapaces-en-france.html)

Le faucon crécerelle a une envergure de 69 à 82 centimètres et un poids de 136 à 225 grammes pour les mâles et de 170 à 270 grammes pour les femelles. Le régime alimentaire du faucon crécerelle est plus varié allant de petits mammifères à des coléoptères ou des reptiles. On le trouve aussi bien à la campagne qu’en ville. Il pratique le vol stationnaire ou vol « en Saint-Esprit ».

  1. La buse variable :

Comme son nom l’indique le plumage de la buse variable peut aller du blanc au brun plus sombre.

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Figure 2 : Le faucon crécerelle (Source : http://pictographe.blogspot.fr/2009/07/les-rapaces-en-france.html)

Le plus souvent son plumage au-dessus est assez uniformément brun sombre, et au-dessous tacheté et barré de blanc crème. Sa queue est toujours rayée et l’intérieur de ses ailes assez clair (Figure 3). Son envergure oscille entre 115 à 140 centimètres et son poids de 517 à 1060 grammes pour les mâles et pour les femelles de 700 à 1350 grammes. On retrouve cette buse dans des habitats très variés, par contre elle évite les lieux qui n’offrent pas assez de postes d’observations. Son régime alimentaire se compose majoritairement de petits mammifères mais elle s’accommode aussi d’insectes et de reptiles. La buse est sédentaire.

 

Les rapaces sont connus pour avoir une vue remarquable. L’aigle est capable de percevoir une petite proie, un lapin par exemple, à deux kilomètres pendant que l’homme ne le percevrait qu’à 300 mètres. Certains, comme le faucon crécerelle, disposent même d’une vision infra-rouge. Par contre les rapaces sont dépourvus de papilles gustatives et donc de goût. Dans certaines circonstances de végétation dense, il leur arrive de ne repérer leurs proies que grâce à leur ouïe fine.

En moyenne leur régime alimentaire est constitué pour moitié de rongeurs et ils sont actifs toute l’année, été comme hiver (Liagre, 2006).

Quelques heures après la chasse les rapaces rejettent une pelote de réjection contenant les poils et les os de leurs proies qu’ils sont incapables de digérer.

La présence des rapaces témoigne d’un bon équilibre de l’écosystème environnant. Etant en haut de la pyramide alimentaire, ils sont très sensibles au nombre de proies disponibles. Il a par ailleurs été montré que plus le nombre de proies est important, plus le niveau de prélèvement sera conséquent (Liagre, 2006).

La présence de rapaces est particulièrement importante car ils permettent de réguler les pullulations de petits mammifères comme le campagnol terrestre ou le mulot sylvestre, responsables d’importants dégâts pour les cultures.

  • N’utilisez pas de traitements chimiques anti-campagnol par exemple car ils contamineront ensuite leurs prédateurs.
  • Favorisez les postes d’observations en hauteur donc les arbres de hauts jets ou les grands arbres morts (s’il n’y a pas trop de risques de casse).
  • Conservez les haies qui servent de repères pour leur vol et de garde-manger.
  • Conservez aussi les grands arbres qui permettront aux rapaces de nidifier.

LIEN UTILE

L’observatoire des rapaces de la LPO

BIBLIOGRAPHIE

Liagre, F. (2006). Les haies rurales: rôles, création, entretien. France Agricole Editions.

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