Lauréate 2013: le jardin de Dominique Krier à Bangor (56)

Portrait de jardinière

“Je suis kinésithérapeute de profession et j’ai passé sa vie à soigner le mal de dos…des jardiniers alors je conçois mon jardin comme un plaisir et non comme une corvée.  Dans mon jardin, la terre est paillée en automne. Une fois que tout est parti, je coupe, je paille. Au printemps, j’utilise une micro bineuse ou une griffe pour une mise en culture facile !”

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Dominique et Christian sont d’abord venus en vacances et sont tombés amoureux de Belle-Île. Un jour, ils se sont décidés pour acheter une maison près du bourg. Aujourd’hui pleinement intégrés à la vie locale, ils consacrent tout leur temps à leurs passions :   “Moi c’est la nature et le jardin, lui c’est l’astronomie !”, résume Dominique Krier, d’où le nom de jardin de “Cassiopée”.

Dominique Krier a conçu ici son jardin un peu pour elle-même mais surtout pour y accueillir les amis, les enfants et petits-enfants :

“J’ai planté quelques plants de pomme de terre. Chacun des petits enfants peut ainsi arracher son pied pour voir comment ça pousse !”

Sa vision du jardin

Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles…

La grande prairie sert selon les périodes de l’année et selon l’heure, de plaine de jeu, de lieu de rendez-vous  pour le club local d’astronomie, comme en témoignent les colonnes supports de télescopes ; ceci permettant l’accès et l’observation pour les personnes à mobilité réduite.

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Les plantations ont été faites peu à peu au gré de rencontres et d’échanges. Des arbustes fleuris ont été plantés tout autour de la maison : les hortensias mais aussi des cistes, des rosiers et de nombreuses vivaces égaient les deux terrasses, l’une près de la cuisine et l’autre près du salon.

“Pour le jardin, il y a eu surtout une association d’idées et de partages”, résume Dominique. “On a fait quelque chose de vivant et de pas très académique, un peu comme moi.  Au départ, l’espace étant grand, nous avons implanté des îlots. Et puis des amis maraîchers  nous ont conseillés. On a donc installé une serre. Mon cousin viticulteur nous a conseillé d’installer une vigne. Il en existait d’ailleurs autrefois sur Belle-Île”.

Le jardin en pratique

Un potager très fleuri

Les légumes et les fleurs poussent côte à côte dans 4 grands carrés de plus de 30 mètres carrés. La culture légèrement surélevée permet d’apporter de la terre et de tenir les légumes à l’abri des animaux.  Des capucines et de la bourrache (une variété à fleurs blanches) ont été semées une seule fois et  se ressèment chaque année un peu partout.

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“Il suffit de laisser faire !”, explique Dominique qui privilégie souvent les floraisons.  Ici  les artichauts sont cultivés surtout pour les fleurs, de même que les topinambours.

En plus des jardins en carré, Dominique a réhabilité un ancien champ cultivé autrefois en planches. Le sol du jardin est pauvre, argileux sec et venté… Des inconvénients en partie compensés par un climat doux et toujours humide.

Pour enrichir le sol, Dominique a fait appel une fois de plus au système D. Un ami paysagiste lui fournit du paillage, un autre en crottin de cheval ; de quoi enrichir et pailler pour l’hiver quand les planches sont vides. Le fumier des ovins et caprins est également utile.

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Des plantes d’ici ou d’ailleurs

Dominique ne manque jamais une occasion d’acquérir ou d’essayer une nouvelle plante. “Au départ, j’ai transplanté les rosiers d’un ancien producteur de roses. J’achète aussi beaucoup les plantes en ‘promo’. De plus, je bouture, je greffe mais surtout j’échange. Le troc est le propre d’une île.

J’essaye aussi d’acclimater des plantes comme ce lilas qui vient de chez ma grand-mère. J’ai aussi planté une balsamine qui avait enchanté mon enfance.

J’écoute et je tiens compte de l’avis des visiteurs. Un bellilois, qui travaillait autrefois au Muséum de Paris, m’a conseillé de planter un baguenaudier, il n’y en avait plus sur l’île…Une de mes belles-sœurs qui conditionne des semences pour un grainetier, m’envoie aussi des fonds de stocks”.

Autant dire que si Dominique troque, sème et bouture tout avec succès, peu de plantes ont leur étiquette et chaque visiteur est mis à contribution.

 

Ses conseils

Tester et expérimenter

“Cette année, le GNIS m’a fait parvenir des échantillons de diverses graines dans le cadre de Jardinons à l’école. Tournesol, lin, seigle, orge, avoine, maïs… De ce fait, je vais pour pouvoir proposer des animations pour les enfants dès l’an prochain afin qu’ils puissent mettre des noms sur les différentes plantes et savoir ainsi ce qu’ils mangent.”

 

Dominique aime aussi les plantes locales. Elle utilise le saule de Belle-île, un saule endémique qui sert ici pour les haies et le bois de chauffage…Son jardin comporte par ailleurs 6 autres variétés de saules…

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Accueillir la Nature

Au-delà du jardin, une zone de lande est restée sauvage, pour faire le lien avec les zones environnantes. Une haie variée et fleurie a aussi été plantée en bordure. Il n’y ainsi peu de maladies. Du côté des “nuisibles” ce sont surtout les ramiers, faisans et lapins qui ne sont pas toujours les bienvenus.

Dominique a par contre fabriqué et installé avec son mari de nombreux nichoirs. “Les mésanges font un gros travail au verger, remarque Dominique. Les gens croient qu’elles risquent abîmer les fruits mais en fait, elles opèrent avec délicatesse et se nourrissent  des pucerons.”

L’abeille noire…De l’autre côté de la petite route qui mène au village, un terrain accueille des ruches pour la grande joie de Dominique et de son jardin. Cette abeille endémique est protégée et choyée par Quentin Le Guillou, un des producteurs de miel bio de Belle-Ile.

Le jardin héberge ainsi beaucoup d’insectes et d’oiseaux. Pour la biodiversité aussi, au cœur de Belle-île, le jardin de Cassiopée est un lieu vivant où chacun trouve un équilibre…

Les bonnes idées à reprendre

  • Vive la récup ! Dominique a installé au beau milieu du jardin son lit de jeune fille en cuivre qu’elle a réhabilité et végétalisé. Au soleil couchant, on dirait le lit d’or d’une princesse ! Deux vieux vélos ont été installés contre un arbre.
  • Des dahlias en pêle-mêle : Dominique a planté de grandes rangées de dahlias en mélange. Chaque année, ils sont déterrés et remisés au sec et au frais dans la cave et replantés ensuite en mélange.
  • Préservez les insectes : Arbustes, vivaces et semis la floraison est un critère majeur de choix pour les plantes.
  • Une serre bien utilisée : en été  la serre abrite les plants de tomates et les préserve des attaques de mildiou. Une vigne y a aussi été plantée ; la chaleur de la serre permet une maturation accélérée. En hiver la plupart des plantes fragiles cultivées en pots sont rentrés dans la serre.

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