La sauterelle verte


Contrairement à beaucoup d’idées reçues la sauterelle verte n’est pas l’ennemie du jardinier, bien au contraire, car elle prédate de nombreux ravageurs des cultures. La grande sauterelle verte est souvent appelée « sabre » en référence à la grande tarière des femelles. On connaît à ce jour environ 6 400 espèces de cette famille des Tettigoniidae faisant partie de l’ordre des orthoptères. Tettigonia viridissima est la sauterelle la plus commune en France. Même s’il ne s’agit pas d’une espèce en danger, elle a longtemps été la victime de l’utilisation prolongée des pesticides au jardin. Les ravages de la huitième plaie d’Égypte sont communément attribués à des sauterelles alors qu’il s’agit en fait de criquets, ceux-ci étant essentiellement végétariens et particulièrement voraces.

a) Une femelle (Tettigonia viridissima) reconnaissable à son oviscapte lisse et faiblement courbé (© C.Ovio), b) Mâle de Tettigonia cantans sur une feuille de rumex (© Le jardin de Lucie), c) La grande sauterelle pond sous nos yeux (© Gilles Carcassès).
a) Une femelle (Tettigonia viridissima) reconnaissable à son oviscapte lisse et faiblement courbé (© C.Ovio), b) Mâle de Tettigonia cantans sur une feuille de rumex (© Le jardin de Lucie), c) La grande sauterelle pond sous nos yeux (© Gilles Carcassès).

Carte d'identité

La Grande Sauterelle verte - Tettigonia viridissima femelle, 30-46 mm, oviscapte long de 27-32 mm lisse et faiblement courbé (photo C.Ovio)

Mâle et femelle sont très semblables, mais la femelle est plus grande et dotée d’une tarière ou oviscapte. Il s’agit de son organe de ponte. Cet insecte est totalement vert comme son nom l’indique. Le dessus de son corps possède un liseré de couleur rouille. La grande sauterelle mesure entre 26 et 42 mm de long. Son envergure est d’environ 10 centimètres.

Il est possible de confondre la sauterelle avec un grillon ou un criquet. Le principal moyen de les différencier est la longueur des antennes qui sont chez le criquet très courtes par rapport à celles des sauterelles.

La sauterelle ne se reproduit pas par accouplement. En effet, le mâle vient déposer un « sac de spermatozoïdes » ou spermatophore à l’entrée des voies génitales de la femelle. Les œufs fécondés seront ensuite enfouis dans le sol. Une femelle peut pondre entre 100 à 150 œufs. Ceux-ci vont éclore vers le mois d’avril. Les larves passeront ensuite par différents stades larvaires avant de devenir adultes. Ces stades larvaires successifs peuvent durer plus d’un an. L’espérance de vie de la forme adulte est d’environ 6 mois.

Elle affectionne les hautes herbes donc toutes les prairies, les abords de chemins mais aussi les haies buissonnantes, les friches, les arbustes. Globalement Tettigonia viridissima préfère les milieux chauds et secs pendant que Tettigonia cantans parcourt les milieux humides et montagnards.

Tettigonia viridissima est active aussi bien le jour que la nuit en été. À partir d’octobre elle hiberne. Les sauterelles bondissent et peuvent parcourir quelques mètres en volant.

La sauterelle verte est principalement carnivore. Son régime alimentaire est composé de pucerons, de mouches, de chenilles et même de larves de doryphores dont  elle consomme parfois l’adulte, ce qui en fait un des rares prédateurs de cette espèce exotique envahissante. La sauterelle ne se nourrit de végétaux que comme nourriture occasionnelle mais sans réellement provoquer de dégâts aux plantes.

Si la femelle est capturée dans le creux de la main, poing fermé, il n’est pas rare qu’elle puisse mordre. Cette morsure n’est pas particulièrement douloureuse mais surprenante.

Les prédateurs naturels de la sauterelle sont les oiseaux, les amphibiens, les petits mammifères insectivores.

  • Si vous devez employer des produits de biocontrôleou utilisables en agriculture biologique portant la mention EAJ (Emploi Autorisé au Jardin) veuillez à respecter rigoureusement les conditions d’utilisation. Évitez d’utiliser, en traitement généralisé, des produits à base de pyréthrines naturelles car ces molécules agissent sur le système nerveux de tous les insectes sans distinction
  • Préférer une tonte haute et particulièrement aux abords des chemins
  • Ménager des zones sauvages même sèches dans le jardin
  • Multiplier, si possible, les écosystèmes dans le jardin : les haies, les prairies sèches et humides, les lisères et les fossés
  • Eviter le labour par retournement
  • Varier la taille des haies : broussailles, arbustes, grands arbres

Liens utiles

Le site d’un passionné d’entomologie

La grande sauterelle verte : insectes-net

Tettigonia cantans : la sauterelle cymbalière (le jardin de Lucie)

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