Lauréate 2012 : le jardin de Jennifer Meynard à Rueil-Malmaison (92)

Portrait de jardinière

Le jardin de Jennifer est le résultat d’une histoire très personnelle.  En 2006, cette jeune femme d’origine écossaise  a dû faire face à des difficultés de santé. A la suite d’une rencontre et d’un stage avec Pierre Rabhi, pionnier de l’agriculture biologique et fondateur de l’association Terre & Humanisme,  le jardin, force de vie, est arrivé comme une évidence pour rebondir et amorcer  un nouveau départ.

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Depuis Jennifer et Francis son mari passent la plupart de leur temps libre sur leur parcelle des jardins familiaux des Fresnays…au total plus de trente heures par semaine… Jennifer a appris dans les livres et en stage les grands principes du jardinage biologique et de la permaculture. Il s’agissait maintenant de mettre la théorie en pratique. « Pour moi, il était essentiel de vivre de mes propres mains ce que j’avais appris et compris », explique Jenny.

Sa vision du jardin

Ici chaque plante a une histoire. Jennifer cultive trois variétés de courge dont le potimarron Kabocha, au goût délicieux.  Les graines ont été récoltées par l’amie japonaise du fils de Jennifer juste avant Fukushima …  Jennifer a été particulièrement heureuse de partager largement ces graines dans un souci de « préservation des espèces ».

Dans un coin du jardin, ce grand pied de Rudbeckia laciniata est issu d’une seule graine.  Le jeune  pied a suivi la famille en vacances pour pouvoir lui donner toute l’attention nécessaire. Une façon aussi d’emporter dans ses valises un peu de ce petit paradis où l’on se sent si bien …

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Malgré son peu d’ancienneté – deux ans- le jardin apparaît luxuriant, une impression due en grande partie à l’abondance des structures verticales qui supportent rosiers, pois de senteur, jasmin, capucines ou haricots qui confèrent du relief,  du volume et des ombrages. Les tuteurs, les arceaux, les différents supports sont tous issus  de récupération.

Les bambous, les tuteurs en bois, les pots ont été récupérés… aux encombrants ou même dans des dépôts de déchets verts sauvages en forêt. Des bambous ont été habilement assemblés pour faire une pergola. Les branches de châtaignier ont été formées en tipi…

Le jardin en pratique

Une grande biodiversité

Partant du principe qu’une ligne de légume, c’est déjà le début de la monoculture et de la monotonie, Jennifer essaie de multiplier les semis dans différents endroits du jardin.  « Cela demande plus d’attention mais permet aussi de multiplier les expositions, explique-t-elle ». Les zones les mieux exposées produisent en premier, puis viennent ensuite celles les plus abritées. Les cultures sont pour la plupart faites en carrés. Le sol a été recouvert au départ d’un épais paillis.

Un jardin fleuri

Légumes et fleurs poussent dans une grande proximité. Au début, Jennifer a semé des engrais verts comme le sarrasin, la phacélie, de la luzerne, mais aussi de la bourrache. Aujourd’hui les graines se ressèment et ces plantes poussent naturellement en mélange, un peu partout dans le jardin.

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En peu de surface, Jenny cultive un grand nombre d’espèces, parfois en en peu d’exemplaires.  Elle aime les fruits rouges  (groseille, caseille, fraise,…), les aromatiques originales (verveine d’argentine, coriandre, plante curry, absinthe) mais surtout les fleurs souvent spontanées qui poussent en abondance au milieu de toutes les parcelles : cosmos sulfureux, lin, soucis, …

Un lieu convivial et familial

Au départ, Jennifer a couru les fêtes des plantes et acheté quelques graines et plantes. Aujourd’hui, les graines sont le plus souvent récoltées et conservées d’une année sur l’autre.

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Les plantes font l’objet d’échanges auprès des voisins de jardin ou dans les fêtes des plantes. «  J’ai récupéré ce jasmin dans un pot jeté après un mariage. Aujourd’hui, il part à l’assaut d’un arceau de 2 mètres ». Jennifer et Francis son mari se répartissent les tâches. Lui s’occupe de la logistique, des constructions et  Jennifer plante et cultive…

Des animaux et de la vie

L’abondance des bourdons, abeilles, syrphes et d’une multitude d’insectes pollinisateurs et utiles est perceptible dans toutes les zones du jardin.  Ici, les coccinelles ont élu domicile dans tout le jardin. Le bois et ses vieux arbres qui bordent le jardin accueillent de nombreux oiseaux.

Des nichoirs et des abreuvoirs pour insectes ont été disposés un peu partout dans le jardin. « L’an dernier, nous avons surpris un hérisson qui dormait dans un seau rempli de feuilles », raconte la maîtresse du lieu.

Ses conseils

Une culture très pensée

A l’exception de quelques traitements à la bouillie bordelaise (tomates), aucun produit n’est utilisé. L’amélioration du sol est apportée par du compost maison. Le travail du sol est limité, tout au plus quelques coups de grelinette ou de griffe rotative entre les plantes avant plantation ou semis.

Des tomates sans maladies

Cette année, plus que toute autre, les feuilles saines des tomates de Jennifer n’ont pas manqué de faire des envieux dans les jardins voisins. Pour Jennifer, cette absence de mildiou est due aux quelques traitements à la bouillie bordelaise mais  aussi au choix de plusieurs variétés solides comme  Cornue des Andes, Zébra, Orange Queen et à des arrosages faibles.

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