Le biocontrôle au verger

Rappel: la réglementation des produits phytopharmaceutiques

Les produits phytopharmaceutiques désignent les préparations contenant une ou plusieurs substances actives permettant de :

  • Protéger des végétaux contre tout organisme nuisible, ou à prévenir leur action,
  • Exercer une action sur les processus vitaux des végétaux (régulateur de croissance),
  • Assurer la conservation de végétaux,
  • Détruire des végétaux indésirables,
  • Détruire des parties de végétaux, freiner ou prévenir une croissance indésirable des végétaux. (Règlement (CE) n° 1107/2009 – Article 3)

Une substance active est une molécule chimique (d’origine naturelle ou synthétique) ou un micro-organisme responsable des propriétés du produit phytopharmaceutique. Dans un produit commercial, elle est accompagnée de coformulants (agent mouillant, solvant, stabilisant etc.) dans le but de faciliter sa manipulation, de renforcer son efficacité et de sécuriser son utilisation.

Depuis le 1er janvier 2019, la loi Labbé a entrainé l’interdiction de l’emploi de produits phytopharmaceutiques synthétiques pour les jardiniers amateurs (c’est-à-dire les produits ayant pour substance active une molécule chimique d’origine synthétique).

A ce jour, les produits autorisés pour les jardiniers amateurs sont :

  • Les substances de base (macérations, purins),
  • Les produits autorisés en Agriculture Biologique EAJ (Emploi Autorisé au Jardin),
  • Les produits de biocontrôle EAJ (Emploi Autorisé au Jardin) ou mentionnés dans l’arrêté du 26 février 2015 (ce cas concerne les macro-organismes de biocontrôle).

Rappel: les produits de biocontrôle

Le ministère de l’agriculture et de l’alimentation met à jour régulièrement la liste des produits phytopharmaceutiques autorisés. En 2019, sur environ 500 produits phytopharmaceutiques de biocontrôle catalogués (micro-organismes, médiateurs chimiques, substances naturelles d’origine végétale, animale ou minérale), seulement une centaine possèdent la mention EAJ (Emploi Autorisé au Jardin) – liste accessible sur ecophytopic

A ces solutions, s’ajoute la liste des macro-organismes utiles aux végétaux – liste accessible sur le site Légifrance

Les produits commercialisés ont une fonction précise (herbicide, insecticide, fongicide etc.), sont utilisables dans un contexte bien défini (cultures légumières, arbres et arbustes, balcons et plantes d’intérieur etc.) et sur une ou plusieurs cibles (les pucerons, les pyrales, le mildiou, l’oïdium etc.).

Parmi les produits phytopharmaceutiques de biocontrôle catalogués EAJ (Emploi Autorisé au Jardin), environ 80 sont autorisés pour le verger. Bien qu’ils soient « naturels », ils ne sont pas tous anodins pour l’environnement, utilisez-les qu’en cas d’extrême nécessité.

Les insecticides EAJ – pour le verger

Les souches de bacillus thuringiensis sont des bactéries efficaces contre toutes chenilles qu’elles soient phytophages, xylophages ou foreuses de fruits. De son côté, le virus de la granulose est plus spécifique aux chenilles foreuses de fruits sur pommiers, pêchers et noyers. (Attention :Pour les précautions d’emploi, se référer à l’étiquetage du produit).

Les larves de la mouche de la cerise ou de la mouche de l’olive ne sont pas des chenilles ! pour lutter spécifiquement contre ces ravageurs, des solutions à base de silicate d’aluminium sont autorisées. Il s’agit d’une argile (kaolinite calcinée). Une fois pulvérisée sur le végétal, elle crée une couche protectrice qui va empêcher la ponte ou la piqure du bioagresseur. Elle est utilisée en préventif, dès l’observation des premières mouches.

Les pièges à phéromone disponibles pour les jardiniers amateurs sont les pièges Delta. Ils permettent de détecter et de capturer les populations de carpocapse du pommier.

Les huiles (colza ou paraffine) sont autorisées sur des arbres de moins de 2 mètres. Le colza est utilisé pour lutter contre les acariens, phytoptes, cochenilles et pucerons alors que la paraffine est permise uniquement en hiver pour détruire les stades hivernaux des ravageurs.

Attention : en raison de la toxicité des produits à base de pyréthrines sur les insectes pollinisateurs, ils ne sont pas autorisés dans les vergers.

Adulte de mouche de l'olive Bactrocera oleae © Pest and Diseases Image Library
Adulte de mouche de l'olive Bactrocera oleae © Pest and Diseases Image Library
Chenilles d'Yponomeuta malinellus sur pommier © J.P Lavigne
PIEGE CARPO DJ P1050717
piège Delta à phéromones (© D. Jardel)

Les fongicides EAJ – pour le verger

Dégâts de moniliose sur cerise (c) INRA
Dégâts de moniliose sur cerise (c) INRA

Le bicarbonate de potassium et le soufre sont des substances naturelles d’origine minérale. Ces deux substances actives peuvent être utilisées contre la tavelure du pommier. En plus de ses effets, le bicarbonate a une action sur la moniliose du pêcher, alors que le soufre agit sur l’oïdium sur pommiers, pêchers et noisetiers.

La bactérie Bacillus subtilis possède de son coté des propriétés antifongiques contre la stemphyliose sur pommier et sur la moniliose sur pruniers, pêchers et cerisiers.

 Les herbicides EAJ – pour le verger

Les produits autorisés pour le verger sont les mêmes que ceux pour le jardin ornemental. Cela comprend les herbicides à base d’acides gras (leur substance active agit sur les jeunes plantules de moins de 10 cm) et de sulfate de fer (qui cible plus spécifiquement les mousses, lichens et algues, Attention : cette solution à un effet immédiat mais elle ne corrige les causes d’apparition des mousses, pour plus d’information consulter la fiche biocontrôle : lutter contre la mousse).

Vous trouverez la liste des produits de biocontrôle utilisables aux jardins sur le site jardiner autrement, ces produits sont disponibles en jardinerie. Renseignez-vous avant d’agir ! Respectez bien leur condition d’utilisation.

Mousse sur tronc d'arbre
Mousse sur tronc d'arbre. (c) Mahieddine Boumendjel