Pas un jour ne passe sans qu’un article ou un livre ne paraisse sur le sujet. Pas un jour sans qu’un chef cuisinier ne raconte avec nostalgie son enfance à gambader dans le jardin de ses grands-parents.
Ce n’est pas par hasard. A une époque où les citadins ont remplacé les ruraux et où la vie quotidienne est de plus en plus stressante, la nature et particulièrement, le jardin, apparaissent comme un refuge, un cocon apaisant où le bruit du monde laisse place à un « silence » très particulier, rempli de sons familiers.
Un cadre qui éveille les sens
Tous les jardiniers vous le diront : leurs moments de jardinage les emplissent de joie et de sérénité. Le temps ne compte plus, tant il y a à faire, à regarder, à ressentir, à observer, à projeter. Les préoccupations s’estompent, corps et esprit réunis dans un même projet.
De fait, dans un jardin, nos sens se déploient de façon décuplée et dans toutes les directions. Les stimuli sont nombreux :
Le regard qui embrasse l’environnement comme un espace augmenté dont on fait partie. Ce même regard qui admire et accueille au matin de nouvelles pousses comme une récompense aux soins apportés et qui prend conscience des souffrances de certaines plantes auxquelles il faut remédier. Un dialogue permanent avec le vivant qui nous entoure ;
Les odeurs qui nous assaillent, odeurs des fleurs et feuilles qui se mêlent, odeur de terre humifère qui nous promet des plantes épanouies et en bonne santé ;
Les bruits familiers des abeilles et autres butineurs, les chants d’oiseaux qui guettent le moment de profiter des graines et insectes libérés par l’activité du jardinier, les cris des grenouilles qui se prélassent près des points d’eau, le son de la pluie aussi qui tambourine sur le sol et sur les feuilles, le vent qui s’engouffre dans les plantes. Tout un univers sonore qui nous tient compagnie et nous fait oublier le ronronnement incessant et obsédant des villes ;
Que dire du toucher, à l’œuvre en permanence, pour transporter les plantes, examiner les troncs, les feuilles, brasser la terre lors des plantations ;
N’oublions pas le goût, stimulé par la qualité des fruits et légumes, produits avec patience par le jardinier.


Un espace multifonctionnel
Le jardinage est une activité physique douce qui sollicite tous les muscles. Le jardinier y est en mouvement perpétuel pour s’occuper au sol et sur les plantes basses, pour aller ensuite d’un point à l’autre, pour tailler arbres et arbustes à différentes hauteurs. Cette activité bénéficie de tous les bienfaits du plein air et du soleil… avec modération.
La créativité est présente à chaque instant dans un jardin pour agencer les variétés entre elles, harmoniser les couleurs, modifier les plantations en fonction des résultats obtenus. Les arbres et les plantes ont leur vie propre qui surprend parfois et oblige le jardinier à l’humilité et à l’adaptation permanente au vivant. Le potager, source de bienfaits mais aussi de surprises et de déceptions, en est l’illustration parfaite.
Parlons aussi de la joie du partage, partage des expériences, des semences, des fruits et légumes produits, des activités familiales et amicales, des visites et rencontres dans les jardins environnants pour s’inspirer.
Enfin que serait un jardin sans les animaux, ces auxiliaires qui le parcourent, les insectes de la terre, qui inlassablement brassent le sol pour en augmenter la fertilité, les hérissons qui se régalent de limaces, les batraciens qui apprécient les larves de moustiques et même le blaireau qui prend la nuit un malin plaisir à soulever les plantations de la journée à la recherche des vers de terre.
Concrètement, quelle en est l’origine ?
Le bien-être au jardin est le résultat d’une multitude de vécus sensoriels tellement gratifiants que les neurosciences se sont emparées du sujet qui fait l’objet de nombreux sujets de recherche.
Parmi les conclusions de ces travaux, citons entre autres la mise en évidence de la bactérie « Mycobacterium vaccae », présente dans la terre, qui stimulerait la production de sérotonine, souvent qualifiée d’ «hormone du bonheur », la diminution du stress en milieu naturel liée à la baisse du taux de cortisol, l’amélioration du sommeil par l’exposition à la lumière, le renforcement de l’estime de soi par la satisfaction personnelle d’observer les fruits de son travail.
Comme le souligne Gilles Clément, paysagiste reconnu, « le jardin est un territoire mental d’espérance …et il est rare d’être déçu ».
D’autres études mettent en évidence que le simple fait de vivre à proximité d’un espace de nature (moins de 300 mètres) a une influence sur la santé générale des résidants. (Stigsdotter et al. 2010)
Il a même été mis en évidence que le simple fait de regarder un film, une photographie où la nature est présente, engendre l’émergence d’émotions positives (Olafsdottir et al 2012 et Pretty et al 2005)).
Ces nombreux bienfaits des jardins sur la santé font l’objet de formes de thérapie douces dans certains établissements de soins. Pour en savoir plus sur les jardins thérapeutiques, consultez notre article : Qu’est ce qu’un jardin de soin ?
Alors n’hésitez pas à expérimenter les bienfaits du jardin, point n’est besoin d’un grand terrain, un balcon ou une cour suffisent pour débuter … Attention, addiction garantie à bref délai mais c’est pour la bonne cause !