Les mouches tachinaires


Les mouches tachinaires ou « mouches des chenilles » sont des diptères parasitoïdes de la sous-famille des Tachinidae. Elles sont les cousines des mouches de maison, des moustiques et des syrphes. Environ 10 000 espèces sont connues dont 600 espèces en Europe. Il en existe certainement plusieurs milliers non décrites à ce jour de par le monde. Elles sont déjà assez largement employées en lutte biologique car plus de 200 espèces ont été utilisées souvent avec succès. Ces insectes semblent importants pour réguler les pullulations d’autres insectes et particulièrement les chenilles.

a) Tachina magnicornis est un parasite des chenilles. (© Gilles Carcassès), b) Un Tachinide à l'abdomen rouge orangé Cylindromyia bicolor, larves parasites d'Hémiptères Pentatomides (© R.Henry et P.Pinson), c) Peleteria iavana, Jouy-le-Moutier (© CACP – Gilles Carcassès), d) Clairvillia biguttata mâle (© G.Champier), e) Ectophasia crassipennis, parc du château de Grouchy à Osny (© CACP – Gilles Carcassès).
a) Tachina magnicornis est un parasite des chenilles. (© Gilles Carcassès), b) Un Tachinide à l’abdomen rouge orangé Cylindromyia bicolor, larves parasites d’Hémiptères Pentatomides (© R.Henry et P.Pinson), c) Peleteria iavana, Jouy-le-Moutier (© CACP – Gilles Carcassès), d) Clairvillia biguttata mâle (© G.Champier), e) Ectophasia crassipennis, parc du château de Grouchy à Osny (© CACP – Gilles Carcassès).

Carte d'identité

Les tachinaires sont des mouches de taille variable allant de 2 mm à 2 cm. La plupart sont grises ardoisées à noires présentant parfois des taches latérales jaunes ou rouges. Encore plus rarement elles présentent des reflets métalliques verts ou cuivrés. En général, leur corps est pourvu de soies raides, souvent noires. Leurs larves sont dépourvues de pattes.

Suivant les espèces, les femelles pondent leurs œufs sur le feuillage, d’autres sur ou dans l’hôte qui servira au développement des larves. Ainsi, dans certains cas, les œufs donnent des larves qui doivent chercher tout de suite des hôtes. Au terme de leur développement, les larves se nymphosent généralement dans la dépouille de l’hôte mais quelquefois dans le sol. Plusieurs générations se succèdent par an selon les espèces. La durée de leur cycle varie considérablement en fonction de la température et des espèces. Les états larvaires et nymphaux durent de 1 à 3 semaines et l’état adulte entre 1 à 2 mois. Par exemple Cylindromyia bicolor, qui parasite les punaises est active de juillet à octobre.

Ces mouches sont souvent observées dans les prairies sèches fleuries mais aussi les marécages, les parcs et les jardins. On peut observer les adultes au repos sur les murs, les feuillages, les branches et les troncs ensoleillés. On les trouve jusqu’à une altitude de 1 500 mètres.

A l’état d’adultes, les tachinaires sont floricoles, il s’agit donc de butineuses. Elles affectionnent particulièrement les fleurs peu profondes dans lesquelles le nectar leur est facilement accessible. Elles participent donc activement à la pollinisation tout comme bon nombre d’insectes dont les abeilles et les papillons. Les mouches tachinaires sont souvent aperçues sur les asters, les ombellifères (berce, carotte sauvage, aegopodium et fenouil…), mais aussi la phacélie, la moutarde, l’origan, les eupatoires ou encore les menthes… Les adultes consomment également du miellat produit par les pucerons. Il semblerait que les tachinaires défendent un territoire. Certaines espèces pratiquent le vol en essaim au-dessus de buissons ou de tas de bois.

Les Tachinidae sont tous des parasitoïdes se reproduisant aux dépends d’autres arthropodes. Les larves sont des endoparasites des chenilles et d’autres insectes. Après l’éclosion, la ou les larves consomment l’hôte en terminant par les organes vitaux. Pour la plupart, les larves de ces mouches s’attaquent à des insectes phytophages donc potentiellement aux ravageurs des cultures. Ainsi, chenilles de lépidoptères (piérides, tordeuses, noctuelles), de coléoptères (charançons, doryphores), d’hyménoptères (tenthrèdes), de lépidoptères (pyrales), ou des larves de hannetons constituent leurs hôtes. Ces mouches représentent donc de précieux auxiliaires pour les jardiniers.

  • Si vous devez employer des produits de biocontrôle ou utilisables en agriculture biologique portant la mention EAJ (Emploi Autorisé au Jardin) veuillez à respecter rigoureusement les conditions d’utilisation. Évitez d’utiliser, en traitement généralisé, des produits à base de pyréthrines naturelles car ces molécules agissent sur le système nerveux de tous les insectes sans distinction
  • Planter des ombellifères (carotte sauvage) ou laisser les plantes spontanées de cette famille
  • Ménager des massifs fleuris comprenant des fleurs produisant beaucoup de nectar et particulièrement des plantes à fleurs peu profondes
  • Installer des zones sauvages même sèches dans le jardin
  • Multiplier les écosystèmes dans le jardin : les haies composites, les prairies sèches et humides, les lisères, les fossés

Liens utiles

Le site collaboratif d’un passionné d’entomologie

Plaidoyer pour les mouches : la mauvaise réputation (INRA, Monique Stumpf, 2004).

Une fiche technique sur les mouches parasites et prédatrices

INPN : aires de répartition de certaines mouches